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Interview : Paolo Sorrentino • Réalisateur

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“Le film est un voyage”

par 

- Après Il Divo, Paolo Sorrentino était de retour à Cannes pour présenter This Must Be The Place, un titre tourné en partie aux États-Unis et interprété par Sean Penn.

Interview : Paolo Sorrentino • Réalisateur

Au lendemain de la projection de This Must Be The Place [+lire aussi :
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en compétition au Festival de Cannes, Cineuropa a rencontré le réalisateur italien Paolo Sorrentino, très sollicité par la presse internationale.

Cineuropa: This Must Be The Place aurait-il pu exister sans le Festival de Cannes ?
Paolo Sorrentino : J'ai été révélé ici. Ma rencontre avec Sean Penn a eu lieu en 2008 lorsqu'il a vu Il Divo [+lire aussi :
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durant le festival et qu'il m'a fait savoir qu'il souhaitait travailler avec moi. Dès cet instant, je me suis mis à écrire pour lui et je n'avais personne d'autre à l'esprit pour le rôle de Cheyenne. Je suis content qu'il ait accepté de jouer ce personnage parce que s'il avait refusé, il n'y aurait pas eu de film. Je n'avais pas envie de raconter cette histoire sans lui donc oui, le Festival de Cannes est à l'origine du film.

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Le personnage de Cheyenne était-il très écrit ?
Je voyais Cheyenne d'une certaine façon et Sean Penn a longuement lu et écouté toutes mes recommandations, mais lorsqu'il a commencé à donner vie au personnage, j'ai assisté à quelque chose d'incroyable et c'est moi qui me suis mis à l'écoute de ses ajustements. Au final, Cheyenne a été modelé par ma vision initiale du personnage, mais surtout par l'expérience de Sean Penn qui l'a fait évoluer en se l'appropriant complètement.

Pourquoi avoir choisi l'Irlande puis l'Amérique comme lieux de tournage ?
Je ne voyais pas cette histoire commencer en Italie. La culture italienne n'est tout simplement pas passée par le ras de marée New Wave qui marqué le rock des années 80 et puis, la place du fascisme dans l'histoire politique italienne rendait le thème du film plus compliqué à expliquer. Je ne voulais pas me battre pour justifier le caractère plausible de cette histoire parce que le public doit déjà se faire au personnage de Cheyenne qui semble venir d'une autre planète. Ensuite, l'Amérique, c'est venu naturellement d'une envie que je partageais avec mon ami Umberto Contarello, coauteur du scénario. Je rêvais depuis longtemps de la possibilité de filmer des paysages magnifiques que j'avais vu au cinéma. Avec le poids de Sean Penn sur l'affiche, c'est devenu possible et nous en avons tenu compte à l'écriture. Je me suis fait plaisir, mais l'Amérique symbolise tellement l'exode que les lieux racontent à eux seuls une partie de l'histoire. Ce n'est pas une coquetterie de ma part.

C'est un procédé que vous utilisiez déjà dans Il Divo, mais pour This Must Be The Place, les plans filmés à la Louma ou plus généralement pilotés à partir d'une grue sont très nombreux. Pourquoi ce choix ?
Le film est un voyage, mais il m'a aussi paru important de voyager dans les espaces qui étaient à notre disposition. Ensuite, j'aime cette idée de grands mouvements autour d'un sujet qui, lui, peut se déplacer très lentement comme c'est le cas de Cheyenne dans le film. En fonction d'où le regard se place, du chemin qu'il parcourt, la perception du sujet change et évolue. Le film parle aussi de ce changement de perspective. Le regard extérieur sur les personnages change, mais ils finissent aussi par se voir différemment.

La musique est presque un personnage du film. Pourquoi l'avoir employée comme symbole nostalgique ?
Ce n'est pas de la nostalgie, même s'il est vrai que j'avais envie de parler un peu de l'évolution du rock. Dans le film les thèmes sont nombreux et ils s'imbriquent. L'un d'entre eux est la peur de grandir. Prendre un courant fort, mais passé du rock et m'y attacher m'a permis de créer un décalage entre l'évolution du monde autour de Cheyenne et cet aspect figé qui passe par l'accoutrement, la dévotion à un genre musical, le refus d'utiliser un téléphone portable, etc. Le rock, c'était la grande époque de Cheyenne, mais c'est aussi la rock attitude qui lui a valu son blocage et l'enlisement dans la dépression.

David Byrne n'est pas seulement le compositeur du film. Il joue un rôle important...
Quand on a la chance de pouvoir travailler avec David Byrne qui est un artiste complet, il aurait été dommage de ne pas l'impliquer au maximum. Le titre du film (NDLR This Must Be The Place est le titre d'une chanson des Talking Heads), l'explication du drame de Cheyenne et l'univers sonore du film sont directement liés à David qui joue aussi son propre rôle. Ses réalisations folles ont beaucoup inspiré mes films et il y a de nombreux points communs entre sa scénographie et la réalisation de This Must Be The Place qui est aussi une façon de lui rendre hommage.

galerie photo

titre international : This Must Be the Place
titre original : This Must Be the Place
pays : Italie
vente à l' étranger : Pathé International
année : 2011
réalisation : Paolo Sorrentino
scénario : Umberto Contarello, Paolo Sorrentino
acteurs : Sean Penn, Eve Hewson, Frances McDormand, Judd Hirsch, Heinz Lieven, Kerry Condon, Olwen Fouere, Simon Delaney

prix/sélections spéciaux

Cannes 2011 En Compétition
Prix du jury œcuménique
David di Donatello 2012 Meilleur scénario
Meilleure photographie
Meilleure bande originale
Meilleure chanson originale
Meilleurs maquillages
Meilleures coiffures
Nastri d'argento 2012 Meilleur réalisateur
Meilleure photographie
Meilleurs décors
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(Service disponible uniquement en France)

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