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Q&A : Dietrich Brüggemann • Réalisateur

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“Ce qui se produit dans une famille quand l'idéologie domine”

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- Présent pour la première fois en compétition à Berlin, le cinéaste allemand décrypte Chemin de croix. Ours d'argent du meilleur scénario

Q&A : Dietrich Brüggemann  • Réalisateur
(©Andreas Teich/Berlinale)

Entourés notamment de ses comédiens Lea van Acken, Franziska Weisz et Florian Stetter, ainsi que du producteur Jochen Laube, le réalisateur allemand Dietrich Brüggemann (qui a écrit le scénario du film avec sa sœur Anna, également présente à la conférence de presse) a décrypté Chemin de croix [+lire aussi :
critique
bande-annonce
film focus
Q&A : Dietrich Brüggemann
fiche film
]
, présenté en compétition à la 64ème Berlinale.

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Pourquoi avez-vous choisi ce sujet de la religion ?
Dietrich Brüggemann : J'avais cette idée en tête depuis un moment et je sentais qu'il y avait la matière d'un film. A la fin des années 90, on pouvait penser que c'était la fin de la route pour les religions, mais cela n'a pas été le cas. Quand on va aux Etats-Unis, on entend à la radio énormément de sermons chrétiens, des prêtres en train de prêcher. Catholiques, protestants ou autres, ils abordent bien sûr la théologie avec des détails différents, mais ils ont en commun la manière dont ils vivent avec la religion. Le sujet du film est ce qui se produit dans une famille quand l'idéologie domine, et il s'intéresse aussi au rôle des prêtres dans la société. Mais ce n'est pas en aucune manière une secte, ils suivent simplement les préceptes de leur religion et ils rejettent certains éléments de la modernité. C'est une famille sympathique et assez normale, ils sont simplement très fervents en matière de religion. On est à la frontière de la normalité de l'Eglise. Il ne s'agit absolument pas d'une attaque ou d'une volonté de ternir quoi que ce soit. Je trouve d'ailleurs que les valeurs chrétiennes sont très importantes socialement et spirituellement. Cependant le système très rationnel de la foi catholique peut aussi devenir une idéologie.

Quid du thème du sacrifice de votre personnage féminin ?
En fait, elle fait exactement ce que la religion réclame d'elle et elle est même plus radicale que le prêtre ne l'exige. C'est ce à quoi le système pousse : devenir une sainte. Elle suit les traces du Christ et la question finale qui est posée au spectateur est de voir à quoi cela ressemble, si le sacrifice est vain ou non.

Avec votre mise en scène en très longues séquences et en plan fixe, comment avez-vous réussi à travailler avec les acteurs, en particulier les plus jeunes ?
Ce n'est pas la première fois que j'utilise de longues séquences et j'ai d'ailleurs réalisé il y a quelques années un film d'horreur appelé Nine Takes. Mais il faut avoir un bon scénario et que les scènes fonctionnent comme elles sont écrites. Car on ne peut pas construire le film dans la salle de montage. Ensuite, il faut avoir les bons interprètes. Et c'est aussi vrai pour les plus jeunes. Quand nous avons casté les enfants, certains se cachaient sous la table, d'autres partaient en courant et d'autres encore réclamaient leurs mère, mais il y en avait un qui restait juste assis là et qui observait. Et là, quelque chose se déclenche. Et ceci est valable pour l'ensemble du cast. Tout s'est mis en place à la perfection. Par exemple, pour le rôle joué par Lea van Acken, je m'attendais à devoir parcourir le pays et à visiter toutes écoles de théâtre pendant des mois. Et elle a surgi au premier jour du casting. Je me suis dit : "ça ne peut pas être vrai, c'est censé être long et difficile". Pour revenir à la question, survient ensuite ce que j'appelle la magie du film à une seule prise. La concentration est maximale des deux côtés de la caméra. C'est une sorte d'église et c'est extraordinaire de voir à quel point très peu de comédiens ont oublié leurs répliques. Tout a fonctionné à merveille.

galerie photo

titre international : Stations of the Cross
titre original : Kreuzweg
pays : Allemagne
vente à l' étranger : Beta Cinema
année : 2014
réalisation : Dietrich Brüggemann
scénario : Dietrich Brüggemann, Anna Brüggemann
acteurs : Florian Stetter, Franziska Weisz, Lea van Acken, Lucie Aron, Moritz Knapp, Michael Kamp, Birge Schade

prix/sélections spéciaux

Berlin International Film Festival 2014 En compétition
Ours d'argent du meilleur scenario
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