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"J’ai essayé de donner à voir sans donner à comprendre"

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Delphine Noels • Réalisatrice

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- Rencontre avec la réalisatrice belge Delphine Noels, à l’occasion de la sortie en salles belges de son premier long métrage, Post-Partum

Delphine Noels  • Réalisatrice
Delphine Noels sur le tournage de Post Partum (Photo : ©Cinevox)

Rencontre avec la réalisatrice belge Delphine Noels, à l’occasion de la sortie en salles belges de son premier long métrage, Post-Partum [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Delphine Noels
fiche film
]
.

Cineuropa : Pourquoi avoir choisi ce genre du thriller fantastique ?
Delphine Noels : La forme du film est venue du fond du film. Le film s’ouvre de manière réaliste. Le spectateur est avec Luce, enceinte, qui est bien loin de se douter de ce qui va lui tomber sur la figure. J’ai travaillé le moment de l’accouchement comme un moment de rupture. Avec cette scène, on bascule dans un au-delà du réalisme. J’ai voulu la rendre mystérieuse et incompréhensible. Suite à l’accouchement, le film bascule lentement mais sûrement vers quelque chose qui confine au thriller ou parfois au film fantastique et qui glisse à mesure que le personnage principal s’enfonce dans son délire. Je pense que le film reste un peu hors-normes. Il peut laisser pantois et même faire peur...

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Avec ce film, vous abordez la dépression post partum poussée à l’extrême. Vouliez-vous aussi faire un film sur la folie en général ?
J’ai choisi de mettre en scène une femme confrontée à son bébé comme j’aurais pu choisir de mettre en scène un homme. La folie n’est pas propre à la femme, un homme peut tout aussi bien déclencher une psychose suite à la naissance de son bébé. J’aurais pu aussi parler d’autre chose que de la naissance d’un bébé. J’ai dû faire un choix et je l’ai fait. Au-delà de la naissance et de la maternité, ce qui m’intéresse, effectivement, c’est la folie et ses effets sur une personne et ses proches.

Pourquoi laisser le spectateur trouver lui-même des raisons à cette folie sans prendre parti ?
J’ai vraiment essayé d’éviter toute psychanalyse du personnage et de donner à voir sans donner à comprendre. Je pense que donner à comprendre est à nouveau du côté du délire. Comprendre quoi ? Essayer à tout prix de coller une cause du délire de cette femme et à la folie me semble aussi délirant. J’ai lutté contre cette tendance dès l’écriture du scénario et je me suis rendue compte à quel point c’est un réflexe chez l’être humain d’essayer de comprendre les causes et les conséquences. Cela a donc été l’une des questions presque insolubles du scénario : comment parler de cette folie en évitant de lui donner une explication clé sur porte ?

Pouvez-vous nous parler du travail d’écriture avec David Lambert ?
David a été le premier à y croire. Il n’a pas fait que ça. Nous sommes entrés dans une véritable collaboration. Nous avons structuré le scénario à deux. Mais avant tout, face au doute total dans lequel je me trouvais quant à l’idée de pouvoir réaliser un jour ce que j’écrivais, lui m’a dit : « Mais oui, tu vas le faire. » Comme le producteur, Jean-Yves Roubin, David a été un allié précieux depuis le début de cette aventure.

Comment avez-vous choisi vos acteurs ?
J’ai choisi de donner le rôle de Luce à Mélanie Doutey car elle n’abordait pas du tout ce personnage par l’angle de la folie. Je pense même qu’à la première lecture du scénario, elle n’a pas perçu qu’elle était folle. Elle m’a dit, scandalisée : « mais c’est fou ! Ils mettent cette femme dans un asile psychiatrique alors qu’elle n’a rien fait ! » C’est ce regard neuf qui m’a intéressé chez Mélanie. Elle respire la santé et elle est a des kilomètres du cliché d’un personnage fou. Mélanie est juste une femme comme les autres et c’est d’ailleurs ce que je lui ai demandé d’être. C’est aussi ce qui rend le film déroutant et même effrayant je pense…

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