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“J'ai voulu respecter l'esprit de Chaplin”

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Xavier Beauvois • Réalisateur

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- VENISE 2014 : Cineuropa a recueilli les propos de l'acteur et réalisateur français Xavier Beauvois, qui a présenté son dernier film, La rançon de la gloire, en compétition à Venise

Xavier Beauvois  • Réalisateur

L’acteur et réalisateur français Xavier Beauvois a présenté son dernier film, La rançon de la gloire [+lire aussi :
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, en compétition à la 71e Mostra de Venise. Cineuropa a recueilli ses propos.

Qu’est ce qui vous a encouragé à tourner cette histoire ?
J’ai revu pour la 15e fois Les Feux de la rampe (Limelight) et je me suis souvenu de cette histoire de cercueil de Chaplin dérobé. Je l’ai mentionnée à mon épouse incrédule et plus je faisais des recherches sur Internet pour la persuader de la véracité de cette histoire, plus je me persuadais moi-même que je disposais là de la matière incroyable d’un film. Pour moi, Chaplin est une figure toute aussi sacrée que le sujet de mon film précédent, Des Hommes et des dieux [+lire aussi :
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. Je reste dans le même registre. Les protagonistes volent un cercueil, mais il n’est pas question de désacralisation pour autant. L’idée du film, c’est celle d’un homme qui sort de l’ombre au début pour entrer dans la lumière à la fin.

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Le ton est léger et le film est plutôt une fable. Quelle est la partie romancée de cette histoire ?
Nous avons tourné dans les vrais lieux : le cimetière, le manoir, le commissariat… Il y a des choses dites dans le film qui sont des paroles qui ont été prononcées au procès ou dans la demande de rançon. Le cercueil a bien été retrouvé dans le champ où nous avons tourné et ce sont bien deux immigrés qui ont commis cet acte, même si les auteurs ont des nationalités différentes que celles des protagonistes du film. La famille n’a pas poursuivi les auteurs comme dans le film. Par contre, l’histoire du cirque, la petite fille d’Osman et les scènes les plus humoristiques ont été inventées pour les besoins du scénario. Ce film ne s’inscrit pas dans la réalité. C’est un conte. Le sujet est réel, mais son traitement est fantasmé.

Comment s’est passée la collaboration avec la famille Chaplin ?
J’ai rencontré Eugène Chaplin après que la police et les institutions aient refusé de nous aider sans l’autorisation préalable de la famille. Au départ, il était très méfiant, mais quand je lui ai expliqué le film et mes intentions, il a compris ce que je voulais faire et accepté de dépasser ce mauvais souvenir pour en faire une anecdote comique. Il a été d’une aide précieuse pour trouver le cirque par exemple. Il a véritablement rejoint l’équipe du film.

Les héros sont aussi des malfaiteurs. Comment les voyez-vous vous-même ?
Pour citer Jean-Luc Godard, ce sont des héros, mais aussi des zéros. Sauf que je ne les vois pas comme des nullités. C’est trop violent d’être nul. Je les aime beaucoup même s’ils ont profané quelqu’un qui, pour moi, est un dieu. J’ai de la tendresse pour eux. Je les vois comme des pieds nickelés et je veux les présenter au public sans filtre blanc ou noir. C’est aussi l’essence du cinéma de Chaplin. J’ai voulu respecter l’esprit du maître pour qu’on puisse aussi comprendre ce qu’ils ont fait.

Pourquoi avoir choisi Michel Legrand pour la musique ?
C’est toujours le film qui me demande de la musique ou pas. Dans Le Petit Lieutenant [+lire aussi :
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, il n’y a pas de musique parce que le film n’en demandait pas. La Rançon de la Gloire en demandait beaucoup. Je suis un grand fan de Michel. J’écoute sa musique à la maison et lorsque je lui ai montré le film, il en est tombé amoureux. Cela a été l'une des plus belles rencontres pour moi, pas seulement une rencontre de travail. Nous n’avons d’ailleurs pas travaillé en studio, mais chez lui et il a composé une musique particulièrement pour mon film dans un respect absolu de l’œuvre qui s’en est trouvée grandie par son talent.

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