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"Je ne pense pas qu'on puisse être vraiment heureux dans la vie à moins d'accepter la mort"

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Karoly Ujj Mészáros • Réalisateur

par 

- Cineuropa a rencontré le Hongrois Karoly Ujj Mészáros, dont le premier film, Liza, the Fox-Fairy, a été projeté au Festival du Film Fantastique de Bruxelles

Karoly Ujj Mészáros  • Réalisateur

Le réalisateur hongrois Karoly Ujj Mészáros a présenté au BIFFF - Festival International du Film Fantastique de Bruxelles son premier long-métrage, Liza, the Fox-Fairy [+lire aussi :
critique
bande-annonce
film focus
interview : Karoly Ujj Mészáros
fiche film
]
, déjà récompensé au festival portugais Fantasporto (lire l’article). Ce film, qui témoigne d’une profonde affection pour la culture pop japonaise, raconte une histoire très romantique en mêlant la comédie sombre et le genre fantastique.

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Cineuropa : Le film est incroyablement original du point de vue du scénario, mais aussi du ton employé. D’où sont venues toutes ces idées ?
Karoly Ujj Mészáros : Le film trouve son origine dans une pièce de théâtre hongroise dont l’histoire était semblable. Les hommes qui tentent de séduire Liza meurent sans explication. Je voulais que ce film puisse à la fois révéler l’actrice principale, Mónika Balsai, et avoir une fin heureuse – c’était une chose vraiment importante pour moi qui suis hongrois, compte tenu de la situation tendue dans laquelle se trouve actuellement mon pays. Pendant l’écriture du scénario, mon co-scénariste, Bálint Hegedûs, et moi avons eu plusieurs séances de réflexion, et c'est au cours de ces séances qu'est née l’idée que nous avons utilisée dans le film : l’idée de surprendre le public, en faisant allusion à un type de registre dans une scène particulière, puis en basculant dans un autre registre de manière inattendue. Par ailleurs, plusieurs cinéastes, comme David Lynch et Luis Buñuel, sont de véritables sources d’inspiration dans mon travail, c’est pourquoi je voulais donner ce côté surréaliste à mon film.

Mónika Balsai livre une performance impressionnante et porte vraiment le film sur ses épaules. Quelle a été votre approche pour travailler avec elle et avec les autres acteurs ?
J’ai eu l'occasion de réaliser plusieurs spots publicitaires, et au début, j’avais toujours beaucoup de mal à travailler avec les acteurs, et puis j’ai fait une pièce de théâtre et tout a changé : j'ai appris à aimer travailler avec eux. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé que pour mon premier long-métrage, je ferais répéter les acteurs avant de filmer. C’est donc exactement ce que nous avons fait pour ce film : nous avons répété pendant un mois avant le début du tournage. Nous avons étudié les personnages, défini chacun d’entre eux...

Bien qu’il s’agisse d’un film tout à fait romantique, la mort est très présente, elle est même présentée de manière drôle, voire ridicule…
Je pense que la mort est un tabou dans les sociétés modernes occidentales. Tout tourne autour de l’instant présent, on ne pense jamais à la mort. C’est un sujet que l’on cache aujourd’hui encore plus qu’hier. On met les personnes âgées à l’hospice pour que cette idée ne vienne plus encombrer nos vies. Je ne pense pourtant pas qu’on puisse être vraiment heureux à moins d’accepter la mort, mais pour la plupart des gens, il serait trop difficile d’essayer d’accepter cette idée si elle était présentée de manière trop dure et trop crue, et c’est pour ça que j'ai tenté de le faire en utilisant la comédie. Le public sera sans doute plus enclin à accepter les choses de cette façon.

Votre film est un récit fantastique avec beaucoup d’effets spéciaux, mais il a été tourné en hongrois, et non en anglais. Ne constitue-t-il pas une grande exception dans le panorama cinématographique hongrois ?
En réalité, étant donné la manière dont nous avons financé la production du film, il était beaucoup plus facile d’obtenir de l’argent en tournant dans la langue du pays de production. Même les coproducteurs souhaitaient que le film soit en hongrois. J’ai par ailleurs un ami qui a tourné un film avec des acteurs hongrois qui parlaient anglais, et il semble que le public n’avait pas trop apprécié cette idée. En résumé, si on veut faire un film en anglais, il vaut mieux avoir des acteurs anglophones, et si on veut que le film soit bon, on a intérêt à engager de bons acteurs anglophones, mais cela implique qu'on ait un budget bien plus conséquent. J’ai rencontré un producteur français au Festival de Sarajevo qui a passé un quart d’heure à vitupérer, l’idée de faire ce film en anglais étant pour lui une véritable ineptie. Dans le genre d'atmosphère qu'on trouve dans les festivals, il semble tout naturel de tourner les films dans leur langue de production.

(Traduit de l'anglais)

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