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"J'adore la thématique de ‘l'enfant révolté’"

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Reha Erdem • Réalisateur

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- Le cinéaste turc Reha Erdem nous a parlé de son 9ème long-métrage, Big Big World, à l’occasion de son passage au 16e Festival du cinéma méditerranéen de Bruxelles

Reha Erdem  • Réalisateur

Nous avons retrouvé Reha Erdem au 16e Festival Cinéma Méditerranéen, qui a eu lieu à Bruxelles du 2 au 9 décembre, pour parler de son neuvième long-métrage, Big Big World, précédemment en lice dans la section Orizzonti de la Mostra de Venise.

Cineuropa : Quel est le fil conducteur Big Big World ?
Reha Erdem : Tout ce que j'ai vécu, tout ce que j'ai vu, tout ce qui m'est arrivé. La motivation, les raisons et les sources d’inspiration qui m'ont amené à faire ce film étaient évidentes et nourries par mon imagination – comme toujours, c'est trouver les fonds qui s'est avéré difficile –, mais il n'y a pas vraiment de fil conducteur, à part l'envie de raconter des histoires et les leçons que la vie m'a enseignées. 

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Parlez-nous des lieux choisis pour le tournage – quelles ont été les différences principales entre filmer en ville et filmer dans les bois ?
Ce n'est pas du tout la même chose. Physiquement, la ville est plus complexe, plus fatigante et plus stressante. Dans la nature, c'est plus simple et l'atmosphère y est plus calme, ce qui libère la créativité et l'inspiration. Les éléments dans la nature, tels que la lumière et les couleurs, sont plus évocateurs, ce qui se ressent dans le film. Je dois admettre que j'étais bien plus à l'aise dans la forêt. 

Il y a un changement radical et imprévisible dans la narration lorsqu'Ali et Zuhal quittent la ville. Quelle est l’intention derrière ce changement de décor ?
Je voulais vraiment placer l'histoire dans la nature, c'est pour cela que la partie en ville est si courte. Je n'ai pas réussi à trouver la nature que je recherchais dans la ville. La première partie montre la réalité dans laquelle les personnages vivent, alors que la deuxième montre l'illusion qu'ils utilisent pour fuir cette réalité. Je ne pouvais donc pas utiliser un lieu pouvant être associé à la société et c'est pour cela que l'histoire se poursuit dans la forêt, seule échappatoire des enfants. Il y a quand même plusieurs moments cathartiques tout au long du film, autant dans la première partie que dans la deuxième. Par exemple, lorsqu'Ali devient Kum-Kum et Zuhal devient Mi-Mi, ils entament un processus d'introspection encouragé par l'aura de la nature qui les entoure. Le moment où Ali tue la famille adoptive de Zuhal peut également être compris comme l'un de ces moments cathartiques. 

Votre film précédent, Times and Winds, traite également d'enfants voulant échapper au monde de règles et de contraintes des adultes. Diriez-vous que Big Big World s'inscrit dans la continuité de ce film ?
En effet, Times and Winds porte également sur les enfants et la nature, et le film utilise les mêmes éléments. J'adore la thématique de "l'enfant révolté", c’est-à-dire des enfants luttant contre le monde des adultes. Remettre en question les règles du monde des adultes est très intéressant. Si je suis aussi fortement attiré par cette thématique, c'est parce que je souhaite comprendre le sens de cette révolte.

Pensez-vous que le point de vue d'un enfant puisse permettre de comprendre certaines choses – la violence par exemple ?
Le monde est de toute façon violent, pas seulement dans le monde des adultes. Chaque molécule, chaque être vivant de ce monde, de cet univers, est violent et se bat pour survivre. Qu'on l'observe du point de vue d'un enfant ou de n'importe qui, le monde est violent et c'est là la seule réalité.

Quelles sont les perspectives d'avenir du cinéma turc ?
Je ne sais pas, mais j'espère qu'il se diversifiera. Le cinéma turc, comme d'autres, tels que le cinéma coréen, a encore des efforts à faire en termes de diversité, mais il a beaucoup de choses différentes à offrir, ça c'est sûr. 

Avez-vous des projets à venir ?
Beaucoup, mais je les garde secrets. Une chose est sûre : je n’aborderai plus le thème des enfants révoltés qui s'échappent dans la nature.

(Traduit de l'anglais)

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