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"L’âme de cette histoire est profondément authentique"

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Anca Miruna Lazarescu • Réalisatrice

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- Anca Miruna Lazarescu nous parle de son film That Trip We Took with Dad, un récit extrêmement personnel inspiré des mésaventures pan-européennes de son père.

Anca Miruna Lazarescu  •  Réalisatrice

Anca Miruna Lazarescu, qui est née en Roumanie mais a grandi en Allemagne, est l’auteur d’une des seules vraies coproductions roumaines jamais réalisées. Dans la lignée de son court-métrage Silent River, désormais dans les annales comme le court-métrage roumain le plus couvert de récompenses de l’Histoire, That Trip We Took with Dad [+lire aussi :
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bande-annonce
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interview : Anca Miruna Lazarescu
fiche film
]
explore le climat politique déstabilisant qui a engagé de nombreux Roumains à fuir le pays pendant la période communiste. La réalisatrice nous parle de ce drame familial touchant, très proche de son histoire personnelle.

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Cineuropa : Quelle est la part de vérité et quelle est la part de fiction, dans ce film ?
Anca Miruna Lazarescu : L’esprit du film, l’âme de l’histoire, est profondément authentique et vrai. Ma famille s’est retrouvée dans des situations largement similaires à celles qu’affronte la famille du film. Le camp de réfugiés est ressemblant, et ma famille n’a bel et bien obtenu qu’un visa de 48 heures pour traverser l’Allemagne de l’Ouest. Comme ils devaient se décider très vite entre rester en RFA ou retourner en Roumanie, la pression était énorme pour eux. Aussi loin que je me souvienne, il est évident que la décision de rentrer a affecté en profondeur notre vie de famille. Le personnage d’Emil est inspiré de mon père, et Neli aussi a existé. Celui de Mihai est inspiré d’un autre membre de la famille. À vrai dire, chaque personnage de cette histoire, même les étudiants munichois, correspond à quelqu’un de réel. J’ai vraiment senti le besoin de puiser là en écrivant le scénario.

Qu’est-ce qui vous a paru le plus difficile dans l’entreprise de transformer un récit familial en scénario ?
Naturellement, aucune histoire vraie ne se déroule exactement comme le voudrait un scénariste. Je l’ai donc adaptée de manière à ce qu’elle aille dans le sens où je voulais, sur le plan des émotions. J’ai néanmoins essayé de changer le moins de choses possible, pour que le film reste aussi près de la vérité que possible. L’aspect le plus difficile de l’opération a été d’évoluer sur ce fil très mince entre la volonté de ne dire que le nécessaire sur le contexte de l’histoire et le soin de ne pas perdre l’attention du spectateur faute d’explications historiques suffisantes. Les gens portent en eux des expériences de la vie qui peuvent être aux antipodes les unes des autres et, en fonction de cela, on peut avoir du film des perceptions très différentes, mais en dépit de cela, mon intention était de toucher tout le monde, d’une manière ou d’une autre.

De quel aspect du film fini êtes-vous le plus satisfaite ?
Après une projection en Allemagne, une spectatrice est venue me trouver, les larmes aux yeux. Elle m’a dit qu’elle n’oublierait jamais That Trip We Took with Dad parce qu’elle trouvait qu’en tant que réalisatrice, j’avais vraiment compris en profondeur ce que c’était que vivre en RDA. Tandis que nous parlions, un homme s’est approché, lui aussi les yeux humides, pour nous dire qu’il était de Munich et se souvenait très bien de l’époque où sa soeur étudiante vivait dans un appartement collectif. Lui aussi m’a remerciée pour le film et disant que j’avais parfaitement compris ce que c’était que vivre en RFA. Ensuite, la femme et lui se sont mis à discuter de leurs passés, si différents. Alors, j’ai pris congé, savourant ce moment.

Avez-vous déjà un nouveau projet en tête ?
Je travaille sur plusieurs projets. L’été prochain, j’aimerais commencer le tournage d’une comédie dramatique intitulée Happiness Is for Cowards (litt. “le bonheur, c’est pour les lâches”). Je suis aussi en pleine recherche pour un drame historique sur les déportations au Bărăgan (en une seule nuit, en 1951, quelques 45 000 individus d’origines ethniques diverses ont été déportés, suite à un décret communiste, dans la vaste plaine inhabitée qu’est le centre de la Roumanie). À l’évidence, il va s’agir d’un film nécessitant absolument d’être monté comme une coproduction européenne. 

(Traduit de l'anglais)

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