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"J'ai dû trouver une nouvelle forme de narration, différente de celle que j'utilise naturellement"

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Agnieszka Holland • Réalisatrice

par 

- BERLIN 2017 : Cineuropa s’est entretenu avec la chevronnée Agnieszka Holland afin d’en savoir plus sur son dernier long-métrage, Spoor, Prix Alfred Bauer à Berlin

Agnieszka Holland  • Réalisatrice
(© Spoor_film)

Agnieszka Holland, l’une des réalisatrices polonaises les plus éminentes et nominée trois fois aux Oscars, présente son dernier film, intitulé Spoor [+lire aussi :
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. Ce long-métrage, une vraie coproduction européenne puisqu'elle associe de la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Suède et l’Allemagne, est en compétition à la Berlinale. Cineuropa a eu l’occasion de parler à la réalisatrice sur le genre peu commun de Spoor, son sujet totalement d’actualité, ainsi que de la différence entre la réalisation de films et la mise en scène de séries.

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Cineuropa : Votre dernier film, Spoor, a été qualifié, entre autres, de parabole.
Agnieszka Holland : Spoor n’est pas une parabole en tant que telle. Le film est en partie un conte de fées, un drame réaliste, un thriller moral, une comédie noire et une histoire féministe-anarchiste. Vous ne pouvez pas le comprendre entièrement. C’est la raison pour laquelle je l’ai réalisé. J’ai observé différentes réactions à Spoor : certaines personnes éclataient de rire alors que d’autres étaient complètement silencieuses, comme s’ils assistaient à des funérailles. Je ne souhaite vraiment pas mettre une étiquette à ce film. Même s’il pourrait être considéré comme un éco-thriller sombre, le film nous renvoie une image de notre monde et de notre place dans celui-ci. Je ne savais absolument pas que le film serait autant d’actualité, vu que nous avons travaillé sur ce projet pendant très longtemps, ni, au vu des récents évènements, qu’il serait politique.

Vous venez de dire que le film était féministe.
En effet. Il est également anarchiste. J’ai paraphrasé le titre d’un film des frères Coen pour décrire quelque peu l’histoire : "Non, ce pays n’est pas pour la vieille femme." Je pense que ça convient parfaitement. Le contexte d’Europe Centrale est très clair, mais lorsque j’ai montré ce film à des agents de Los Angeles, ils disaient tous que Spoor était un film américain. Sincèrement, ce n’était pas facile de trouver les fonds pour ce projet, c’est très difficile à expliquer. Les gens ne pouvaient pas s’imaginer à quoi il ressemblerait.

Spoor est adapté d’un roman intitulé Drive Your Plough over the Bones of the Dead. À quel point êtes-vous restée fidèle au livre ?
Le roman n’est pas très long, alors nous avons décidé de garder la plupart des éléments dans le film, tels que l’intrigue, le personnage principal et les seconds rôles ; ceci étant dit, c’est une adaptation plutôt fidèle. D’un autre côté, le cheminement a été tortueux, aussi bien pour moi que pour Olga Tokarczuk, l’auteure du roman. J’aime vraiment beaucoup Olga. Elle est célèbre en Pologne comme à l’étranger, et j’ai toujours voulu réaliser un film à partir d’un de ses écrits. Ses nouvelles conviennent particulièrement pour une adaptation au grand écran, mais pas ses romans. Drive Your Plough over the Bones of the Dead est le seul roman avec une forte intrigue, du coup, j’ai pensé que ce serait une tâche facile et que le script serait écrit en un mois. Mais deux ans plus tard, nous corrigions la 11e version du script. On peut dire que traduire le livre dans le langage cinématographique s’est révélé plutôt compliqué. En plus, Spoor est un projet assez différent de ceux que j’ai faits jusqu'à présent. J’ai dû trouver une nouvelle forme de narration, différente de celle que j’utilise naturellement. J’ai consacré une grande partie de ma vie à ce projet, alors j’espère qu’il en valait la peine.

En dehors de la réalisation de films, vous travaillez aussi sur des séries. Quelle différence y a-t-il entre les deux selon vous ?
Les séries sont une forme d’amusement pour moi, parce que je peux jouer avec le style et les conventions. Je viens de terminer quelques épisodes de House of Cards. Nous les avons tournés pendant les élections américaines, alors c’était assez surréaliste. Réaliser des films est un total engagement, alors que travailler sur une série relève plutôt de l’exercice stylistique. Vous devez synchroniser l’épisode avec les précédents, mais dans la mesure du possible, vous pouvez aller un peu plus loin et le rendre sensiblement meilleur. Ça dépend beaucoup du script. Lorsque j’ai réalisé Rosemary’s Baby, la démarche était plus ou moins semblable à celle d’un long-métrage. Rosemary’s Baby était une minisérie, que j’ai dû imaginer, créer et pour laquelle il m’a fallu trouver des acteurs et un concept. Pour Burning Bush [+lire aussi :
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par contre, j’avais l’impression de réaliser un film.

Vous avez déjà de nouveaux projets en tête ?
J’ai reçu un script de l’écrivain tchèque Marek Epstein, Charlatan, inspiré de la vie d’une personne réelle que j’ai beaucoup appréciée. Je pense que c’est une simple histoire de chambre - je dirais même mystérieuse, qui cache un secret à la fois profondément humain et métaphysique. On peut également ajouter au tableau un thriller américain ainsi qu’un drame tournant autour d’un journaliste britannique qui voulait être le premier à interviewer Staline, après avoir été le premier à interviewer Hitler. Et il était l’un des amis de George Orwell, qui a d’ailleurs écrit La Ferme des animaux après l’avoir écouté parler de ses expériences.

(Traduit de l'anglais)

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