Corps et âme (2017)
La Belle et la meute (2017)
The Square (2017)
Laissez bronzer les cadavres (2017)
Handia (2017)
Valley of Shadows (2017)
Spoor (2017)
précédent
suivant
Choisissez votre langue en | es | fr | it

“J’aime créer de nouveaux mondes dans mes films”

email print share on facebook share on twitter share on google+

Kuba Czekaj • Réalisateur

par 

- BERLIN 2017 : Cineuropa s’est entretenu avec Kuba Czekaj, réalisateur polonais émergent, au sujet de son dernier film, The Erlprince, projeté dans la section Generation de la Berlinale

Kuba Czekaj  • Réalisateur

Après avoir réalisé plusieurs courts-métrages à succès, Kuba Czekaj a dévoilé son dernier film, The Erlprince [+lire aussi :
critique
bande-annonce
film focus
interview : Kuba Czekaj
fiche film
]
, dans la section Generation de la Berlinale. Le directeur polonais a confié à Cineuropa que ce film aurait dû être son premier film et a évoqué les différences et similarités de ce dernier projet avec son premier film, Baby Bump [+lire aussi :
critique
bande-annonce
film focus
interview : Kuba Czekaj
fiche film
]

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Cineuropa : The Erlprince aurait dû être votre premier film et Baby Bump votre deuxième. Toutefois, Baby Bump est sorti avant The Erlprince. Comment cela se fait-il ?
Kuba Czekaj : C’est un peu compliqué. Quand j’ai commencé à rédiger le scénario de The Erlprince, qui devait être mon premier film, nous avons eu quelques problèmes pour clore le budget. Nous avons presque obtenu le budget suffisant, mais ce n’était pas assez pour couvrir toutes les dépenses. Puis, lorsque nous étions prêts à commencer le tournage, nous n’avions toujours pas reçu le feu vert pour ce projet. Comme j’avais entendu parler de la Biennale College – Cinema de Venise, j’avais décidé d’y soumettre Baby Bump, puis, j’ai reçu deux bonnes nouvelles : nous pouvions réaliser Baby Bump et nous avions le budget suffisant pour The Erlprince. J’ai décidé de faire les deux films en même temps. On a commencé le tournage de The Erlprince, et durant les phases de pause, nous tournions Baby Bump. Cette période de ma vie, qui a duré presque un an, était très agitée et intense.

Les deux films traitent du même sujet : le passage à l’âge adulte. Comment êtes-vous parvenu à ne pas les mélanger, à ce qu’ils n’interfèrent pas l’un avec l’autre ?
C’était en effet très risqué réaliser deux films sur le même sujet en même temps. J’ai donc essayé de trouver un point central pour chacun de ces projets. Baby Bump est donc plus centré sur le corps et la transformation sexuelle entraînée par le passage à l’âge adulte, tandis que pour The Erlprince, nous sommes concentrés sur l’âme et l’esprit des protagonistes. Grâce à ces distinctions nettes entre les deux films, j’ai pu donner des formes différentes à chacun. Je considère même que chaque histoire dépeint un aspect différent du passage à l’âge adulte. Pour The Erlprince, je savais que le film devait être sombre, obscur, et se concentrer sur l’esprit et les émotions puisque ce film est inspiré de Goethe et du romanticisme. Body Bump quant à lui est plus ouvert, les personnages parlent d’une manière différente, donc la différenciation entre la réalisation des deux films était très importante. 

Que ce soit dans Baby Bump ou The Erlprince, vous regardez toujours le monde à travers les yeux d’un enfant. Pourquoi ?
Mes travaux précédents avaient déjà ce même regard sur le monde. Je pense que c’est le moment le plus important de nos vies. À 11 ou 12 ans, nous sommes comme des livres ouverts, avec encore de nombreuses pages blanches. Lorsque vous devenez un adulte, vous êtes influencé par ce qu’il y a écrit dans votre livre. En tant que réalisateur, ce point de vue me permet d’explorer les possibilités que le cinéma nous offre. J’aime, et j’ai toujours aimé, créer de nouveaux mondes dans mes films. C’est comme un voyage. J’invite le public à voyager avec moi, à embarquer dans une étrange aventure, sur une île, ou peut être un autre endroit. Le thème du passage à l’âge adulte me procure beaucoup de liberté en ce qui concerne la forme, la structure et la dramaturgie, ce qui me permet d’être inventif avec les histoires et les personnages.

Comment Goethe, Shostakovich et la science-fiction se sont-ils retrouvés dans un seul et même film ?
La présence de Shostakovich relève plutôt de la blague. Dans The Erlprince, la scène de l’anniversaire du garçon est très importante. Et cette composition de Shostakovich, “Waltz No. 2”, s’écoute très souvent dans les scènes ou il y a beaucoup de monde. Ici, la mère et le fils se retrouvent seuls, personne ne vient à l’anniversaire. C’est donc une sorte de plaisanterie. Lorsque je lisais le poème de Goethe, j’ai trouvé qu’il liait toutes les questions que l’on se pose sur la vie, sur Dieu, sur la nature même de nos vies. Ce n’est peut-être que mon interprétation de cette œuvre, mais je l’ai assimilée à ce que fait le protagoniste dans le film, à la théorie sur les mondes parallèles. Même si le film parle également de physique, pour moi, tout tourne autour de la philosophie. The Erlprince traite d’une période de la vie à laquelle on commence à se poser des questions très importantes, cruciales, sur la vie, la mort et Dieu. Enfin, les éléments de science-fiction viennent de mon enfance. Je ne regardais que des films de science-fiction ou d’horreur, donc cette influence doit venir de mon subconscient.

(Traduit de l'anglais)

Lire aussi

Newsletter

EPI Distribution
LIM

Follow us on

facebook twitter rss