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A cœur ouvert : alcool, amour et destruction

par Fabien Lemercier

A cœur ouvert : alcool, amour et destruction09/08/2012 - Lancé le 8 août dans les salles françaises par MK2, A cœur ouvert, (titre international : A Monkey On My Shoulder), le second long métrage de Marion Lainé après Un cœur simple [bande-annonce], fait le pari de plonger le spectateur dans trois univers à très haute teneur émotionnelle : la passion amoureuse, la chirurgie cardiaque et l’addiction alcoolique. Un mélange détonant propice à tous les dérapages humains pour un film poignant interprété avec force par Juliette Binoche et Edgar Ramírez (qui avait crevé l’écran dans Carlos [bande-annonce] d’Olivier Assayas).

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Adaptation par la réalisatrice et Anne Le Ny du roman Remonter l’Orénoque de Matthias Enard, A coeur ouvert débute dans un bloc opératoire sur un échange de regards significatifs sous les masques entre Mila (Binoche) et Javier (Ramirez) : toute l’équipe l’attendait et il vient de s’envoyer discrètement une lampée d’alcool dans la salle contiguë juste une opération à cœur ouvert. Le décor est posé : il y a un sérieux problème. Plus tard, son patron l’avertit ("je n’aime pas les bruits de couloir, je t’avais prévenu, Javier") et bientôt la sanction tombe : il est évincé du bloc, ses perspectives se réduisant aux consultations et à l’enseignement sans possibilité d’exercer ailleurs à cause de sa réputation (et d’un dossier constitué contre lui).

Sujet périlleux maintes fois abordé au grand écran (Barfly, La femme de ma vie ou Le dernier pour la route pour ne citer que quelques exemple), l’alcoolisme sert de catalyseur à Marion Lainé pour traiter le thème d’un amour fou en phase de désintégration. D’ailleurs, la réalisatrice reste très évasive sur les racines de l’addiction de Javier, préférant se concentrer sur les réactions du personnage féminin.

Le duo Binoche-Ramirez réussit à surmonter le caractère inévitablement outrancier de plusieurs séquences à forte charge émotionnelle et le montage à base d’ellipses et de "jump cuts" dynamise suffisamment le récit pour faire partager aux spectateurs cette tranche de vie où espérance et souffrance se disputent la suprématie. La crédibilité des scènes d’opération et de l’univers médical au sens large (mention spéciale à Hippolyte Girardot) offre également un arrière-plan intéressant à cette plongée sans filet au cœur des sentiments soumis à l’épreuve du chaos. Une descente aux enfers sans concessions s’achevant néanmoins sur un final réalistico-onirique prêtant à discussion.

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