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A Second Chance: un mélo nordique

par 

- Susanne Bier se surpasse elle-même en infligeant à ses magnifiques personnages une souffrance intolérable. Un drame extrême interprété par Nikolaj Coster-Waldau

A Second Chance: un mélo nordique

Jusqu'où peut aller une personne normale quand la tragédie frappe à sa porte, s'installe dans son salon et dort dans sa chambre ? Voilà la question que pose la réalisatrice danoise oscarisée Susanne Bier dans son nouveau film, de nouveau co-écrit avec l'excellent Anders Thomas Jensen (après Love is All You Need [+lire aussi :
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et Revenge [+lire aussi :
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). Ce titre, A Second Chance [+lire aussi :
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, vient d'être présenté par son équipe artistique à San Sebastian, où l'acteur Nikolaj Coster-Waldau a été accueilli par un tonnerre de cris, d'acclamations et de demandes de selfies. Les festivaliers qui ont vu le film ont cependant pu se poser en retour les questions suivantes : jusqu'où faut-il pousser la souffrance de ses personnages et combien de larmes peut-on arracher au public ? Où se trouve la limite entre la tragédie et le mélodrame à outrance ? À quel moment un film cesse-t-il d'être bouleversant et sensible pour devenir un tire-larmes éhonté ?

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Ce qui arrive aux personnages d'A Second Chance est en effet effroyable. Ces personnages sont un policier, interprété par l'infiniment séduisant Coster-Waldau, et sa femme, elle aussi belle comme le jour (Maria Bonnevie). Ils vivent dans une maison merveilleuse, dans un lieu à couper le souffle. Les décors, les éclairages et les costumes accentuent cette impression qu'ils sont des anges dans un paradis qui reste terrestre – car derrière les grandes fenêtres, on voit bien qu'il fait froid. Ils ont même un bébé adorable. Ils représentent la famille parfaite, comme celles qu'on voit dans les magazines. Jusqu'au jour où ils rencontrent un couple de junkies qui ont un enfant très semblable au leur, mis à part le fait que sa situation familiale est à l'opposé de celle de leur petit…

Difficile d'en dévoiler davantage, sauf à dire qu'à partir de cette rencontre, Bier déploie une orgie de douleurs tortueuses qui n'épargne aucun personnage et les place devant des dilemmes moraux, des angoisses et des souffrances qui dépassent l'imagination – et pourraient, s'ils étaient réels, faire les gros titres et nourrir des émissions de télévision tapageuses. Dans le même temps, la réalisatrice donne l'impression de ne pas vouloir insister sur cette douleur en ayant recours régulièrement à des plans précieux et en évitant de gonfler le drame avec de la musique. Malgré cela, le spectateur ne cesse d'être abasourdi par la complexité et la noirceur du drame.

L'ensemble serait assez intéressant, lu comme une critique des classes bourgeoises (celles qui considèrent comme un droit leur manière de dominer ceux qui n'ont pas leur style de vie), car on sait quels monstres infâmes peut cacher une façade impeccable, mais cela serait un autre film... Bier préfère miser sur la rédemption, comme victime de ce mal endémique dont souffrent les scénarios d'aujourd'hui, à force de toujours chercher le pardon et la salvation pour arriver à une conclusion politiquement correcte qui n'ait pas une saveur trop amère pour le public – et ce même s'il vient d'assister pendant 100 minutes à un festival de barbarie et de manipulation émotionnelle.

(Traduit de l'espagnol)

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