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Deux destins se croisent dans Self Made

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- La réalisatrice israélienne Shira Geffen revient avec un nouveau film drôle et touchant à la fois

Deux destins se croisent dans Self Made
Samira Saraya et Sarah Adler dans Self Made

Le deuxième long de Shira Geffen, Self Made, présenté à la Semaine de la Critique de Cannes cette année, a ouvert plus récemment le Festival Nuit Noires de Tallinn, qui s’est achevé dimanche. Geffen, lauréate de la Caméra d’or de Cannes en 2007 pour Les Méduses [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
, revient avec un film éclectique et touchant qui aborde des thèmes aussi variés que la guerre, l’identité et le monde de l’art. Sarah Adler, qui avait déjà le rôle principal dans son premier film, joue cette fois le personnage de Michal, une artiste israélienne vivant à Jérusalem, et elle donne la réplique à l'actrice novice Samira Saraya, qui livre une performance impressionnante dans le rôle de Nadine, une employée palestinienne dans une usine de mobilier israélienne.

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Michal, réputée pour ses œuvres très provocatrices, est sur le point de présenter sa dernière en date à la Biennale de Venise. Elle entretient avec son mari une relation difficile, notamment du fait de ses convictions très arrêtées. Quand son lit s’écroule pendant son sommeil, elle perd totalement la mémoire. De son côté, Nadine se fait renvoyer à cause d’une histoire de vis – un objet qui joue un rôle important dans le film, et auquel se réfère d'ailleurs son titre original, Boreg. Tout ce que l’on apprend sur Michal, on l’apprend par la succession de visites qu’elle reçoit : elle est très influente, féministe et provocatrice. À l’inverse, la vie et les ambitions de Nadine sont plus discrètes, sa famille la dénigre constamment et la considère comme stupide, mais paradoxalement, Nadine s’ouvre petit à petit tout au long du film, et le spectateur finit par la connaître plus intimement que Michal. Le film est construit autour de ces deux histoires, qui se rejoignent progressivement pour finalement ne faire qu’une lors d’une erreur d’identification à un point de contrôle, puis se séparent et se retrouvent à nouveau à la fin du film.

Self Made, dont Geffen a aussi écrit le scénario, se situe à la frontière entre réalité et imagination. Les identités se brouillent, se mélangent et se confondent. L’absurdité et l’exagération sont assumées et totalement maitrisées, autant d'un point de vue scénaristique que d'un point de vue visuel, notamment grâce à l’excellent travail photographique de Ziv Berkovic. Geffen parvient de manière très subtile à aborder plusieurs thèmes sensibles : celui du conflit israélo-palestinien, celui, très subjectif, de l’identité, ainsi que celui du monde de l’art, où tout semble se concentrer sur l’œuvre aux dépens de l’artiste lui-même.

Dans une des scènes les plus représentatives du film, un cuisinier joue du violon à des crabes pour les mettre en confiance. Cette scène, au premier abord très amusante, devient émouvante à mesure que le violon égrène ses notes. Il en va de même pour l'ensemble du film, qui est d’une sensibilité remarquable tout en restant d’une légèreté et d’une créativité surprenantes.

Self Made a été soutenu par le Fonds israélien d’aide au cinéma.

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