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Here in Lisbon : Un film, quatre réalisateurs, un même esprit indépendant

par 

- Dominga Sotomayor, Denis Côté, Gabriel Abrantes et Marie Losier ont relevé le défi lancé par IndieLisboa de tourner un film dans la capitale portugaise

Here in Lisbon : Un film, quatre réalisateurs, un même esprit indépendant
Carloto Cotta dans une scène de Freud und Friends de Gabriel Abrantes

En 2013, après dix ans à montrer des films, IndieLisboa a décidé d'en produire un. C'était une gageure, et le projet a mis deux ans à voir le jour, mais le résultat a été présenté vendredi dernier, au deuxième soir de la 12ème édition de l'événement lisboète. Le concept était simple : le festival a invité quatre réalisateurs à tourner un film collectif dans la capitale portugaise, sans leur permettre de se concerter. Le résultat est un long-métrage intitulé Here in Lisbon, et ses auteurs sont la Française Marie Losier et la Chilienne Dominga Sotomayor (tous deux des anciens lauréats d'IndieLisboa) et deux réguliers du festival : le Canadien Denis Côté et le Portugais Gabriel Abrantes.

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Ceux qui appréhendent de trouver en Here in Lisbon un nouveau film-carte postale n'ont pas de souci à se faire : contrairement à d'autres projets qui ont réuni des cinéastes différents dans une capitale mythique, ce film conserve largement son esprit indépendant et la liberté créative qui a été offerte aux quatres cinéastes (vraiment la grande réussite du film) a conduit à un mélange de genres et de styles.

Le premier épisode, "Los Barcos"de Sotomayor, suit une actrice chilienne (Francisca Castillo) qui va à Lisbonne pour présenter un film à un festival. Le lendemain, au lieu de visiter les quartiers typiques de cette jolie ville, elle prend un bac pour traverser la rivière et se retrouver coincée à Almada, l'ancien quartier des pêcheurs. Là, elle rencontre un autochtone (João Canijo) avec lequel elle développe un lien inattendu dont le film ne dévoile jamais totalement la nature, Sotomayor préférant manifestement miser sur l'effet “lost in translation” qu'explorer à fond les motivations des personnages. Quelques indices sont donnés, mais c'est au spectateur de reconstruire l'intrigue dans son esprit.

"Excursions", le deuxième chapitre, réalisé par Côté, suit deux guides touristiques, Claudia et Martinho, dont les chemins se croisent pendant un concert de noise-jazz. Ce volet combine des scènes montrant leur quotidien sur leur lieu de travail et des scènes montrant (ou faisant semblant de montrer) d'autres aspects de leur vie privée. Côté propose en somme une sorte de docufiction mettant en avant Lisbonne comme un ville multiculturelle qui se départ de ses traditions de fado et de son histoire pour faire de la place à d'autres influences et cultures.

"Freud und Friends", qui est probablement le segment le plus audacieux de Here in Lisbon, confirme qu'Abrantes est un des jeunes talents portugais les plus inventifs. Cet épisode, conçu comme une émission de télévision (qui donne son nom au segment), suit l'expérience d'une scientifique (Sónia Balacó) qui veut analyser l'inconscient de son petit ami, un alter ego rigolo d'Abrantes que le réalisateur incarne lui-même. L'émission de télévision débouche sur une autre intrigue, située dans le subconcient d'Abrantes, où il s'imagine avoir l'apparence de l'acteur Carloto Cotta et se retrouve harcelé par la soeur de sa petite amie. Rien de tout cela n'a à voir avec Lisbonne, sauf les publicités intercalées avec l'émission, qui transforment les fameux flans de Belem en crème solaire pour les hommes, les vrais, et se moquent des films tournés par Woody Allen dans toutes les villes européennes (notamment Lisbonne, dont le tour est enfin arrivé).

Losier propose enfin avec "L’oiseau de la nuit" un film expérimental interprété par le travesti lisboète Deborah Krystal (Mourir comme un homme [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
) qui observe les métamorphoses de cette figure iconique en sirène, en oiselle, en lionne... Cet épisode onirique est également interprété par les réalisateurs locaux João Pedro Rodrigues, João Rui Guerra da Mata et Carlos Conceição.

La production de Here in Lisbon, initialement soutenue par la Ville de Lisbonne, a été tumultueuse et limitée par les restrictions financières. Le projet n'a pu être bouclé que grâce à des investisseurs privés et au soutien de NOS, qui lancera le film au Portugal plus tard cette année.

(Traduit de l'anglais)

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