La Lune de Jupiter (2017)
120 battements par minute (2017)
In the Fade (2017)
Jeune femme (2017)
Makala (2017)
A Ciambra (2017)
Happy End (2017)
précédent
suivant
Choisissez votre langue en | es | fr | it

CANNES 2015 Un Certain Regard

email print share on facebook share on twitter share on google+

Maryland : Détraqué à tous les étages

par 

- CANNES 2015 : Alice Winocour s'immerge dans le cinéma de genre avec un thriller sur un ancien soldat frappé d'un syndrome post-traumatique et devenu garde du corps

Maryland : Détraqué à tous les étages
Diane Kruger et Matthias Schoenaerts dans Maryland

Il faisait partie d'une meute et le voilà séparé de la normalité comme par une vitre se transformant en cas de crise en une distorsion de la réalité visuelle et auditive, en une perte de contrôle de son corps le plongeant dans des états proches du sixième sens. En choisissant de centrer son second long métrage, Maryland [+lire aussi :
bande-annonce
film focus
interview : Alice Winocour
fiche film
]
, sur un militaire extrêmement perturbé par son vécu sur le théâtre des opérations extérieures, Alice Winocour a décidé d'associer l'expérience intérieure altérée et les codes traditionnel du thriller sur fond de corruption politico-économique, le tout lorgnant notamment vers Stanley Kubrick et Michael Mann. Dévoilé au Certain Regard du 68ème Festival de Cannes, sur une Croisette où la cinéaste avait présenté son premier long, Augustine [+lire aussi :
critique
bande-annonce
festival scope
fiche film
]
(à la Semaine de la Critique cannoise 2012) qui s'intéressait déjà aux remous de la sphère mentale (l'hystérie et Charcot), le film joue la carte du paranoïaque et du huis-clos pour une partition très physique interprétée avec son volume habituel par le Belge Matthias Schoenaerts (Bullhead [+lire aussi :
critique
bande-annonce
film focus
interview : Bart Van Langendonck
interview : Michaël R. Roskam
fiche film
]
, De rouille et d'os [+lire aussi :
critique
bande-annonce
film focus
interview : Jacques Audiard
interview : Jacques Audiard
fiche film
]
).

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Angoissé par l'épée de Damoclès d'être écarté définitivement de son métier de combattant et par le caractère imprévisible des réactions violentes de son corps, Vincent gagne un peu d'argent en travaillant dans la sécurité (de haut niveau). C'est ainsi qu'il se retrouve dans la cossue villa Maryland, pour une grande fête organisée par le propriétaire, un Libanais comptant parmi ses invités le Ministre de l'Intérieur. Le lieu est ultra-sécurisé : équipe de gardes, chien en alerte, circuit de surveillance avec caméras à l'intérieur et à l'extérieur de la très vaste demeure. A l'affût par atavisme professionnel aiguisé par les effets de son syndrome post-traumatique, Vincent remarque rapidement une tension dans l'air et surprend des conversations évoquant de façon allusive une corruption pouvant affecter les prochaines élections nationales si elle venait à être découverte. Toujours au bord du pétage de plomb, il se retrouve ensuite chargé, mais seul cette fois, de veiller sur la femme (Diane Kruger) et le très jeune fils du mystérieux Libanais de la maisonnée qui se révélera un marchand d'armes détenteur de secrets compromettants. Et peu à peu, les menaces peut-être imaginaires troublant Vincent vont se transformer en une dangereuse réalité...

Ne quittant pas Vincent d'une semelle dans ses rondes permanentes, diurnes et nocturnes, dans la maison et le vaste parc, entrecoupées par des séances face aux moniteurs vidéo et par de petits moments où les deux protagonistes apprennent à faire connaissance, Alice Winocour exploite les possibilités de son décor et crée un thriller fondé sur l'angoisse et les explosions de violence. Mettant en parallèle l'état détraqué de Vincent avec celui de la société en général (sous forme de simples esquisses), la réalisatrice adopte une stratégie de la tension plutôt solide, mais sans doute plus prévisible qu'elle ne le souhaitait. En revanche, la représentation des crises de Vincent via entre autres des ralentis et des flous est une fausse bonne-idée qui atteint imparfaitement l'objectif de visualisation d'un état borderline, ce qui simplifie un peu trop le développement de la dramaturgie. Il n'en demeure pas moins que le film ne manque pas d'efficacité et constitue une tentative très intéressante de greffer le genre à tendance américaine sur les jeunes générations de cinéastes français qui commencent à explorer de nouveaux territoires pour attirer de nouveaux publics.

Poduit par Dharamsala et par pour Darius Films avec la Belgique, Maryland sera distribué dans les salles française par Mars Distribution et les ventes internationales sont assurées par Indie Sales.

Lire aussi

Producers on the Move
 

dernières news

 

autres infos

Newsletter

Follow us on

facebook twitter rss

Swiss Films Cannes