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ZURICH 2015

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Köpek : portrait sincère d'un Istanbul paradoxal

par 

- Le premier long-métrage du réalisateur suisso-turc Esen Isik a touché le public lors de sa projection en avant-première mondiale au Festival de Zurich

Köpek : portrait sincère d'un Istanbul paradoxal

Esen Isik, lauréat en 2012 d'un Quartz du cinéma suisse pour Du&Ich, a présenté en avant-première mondiale au Festival de Zurich son premier long-métrage, Köpek [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, qui donne à entrevoir un Istanbul prisonnier de ses contradictions. À travers le quotidien de trois personnages "marginaux" qui se battent pour trouver l'amour (ou au moins une étincelle d'humanité) dans une ville qui les rejette, Isik dresse le portrait de toute une société qui se veut moderne mais reste hantée par des préjugés qui risquent de l'étouffer.

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Köpek condense, en une seule journée, trois destins : celui de Cemo, un garçon de dix ans qui vend des paquets de mouchoirs dans la rue pour aider sa famille, celui d'Hayat, mariée à un homme ultra-possessif pour lequel elle ne resent pas grand chose, et celui d'Ebru, une voluptueuse prostituée que tout le monde désire mais qui a été abandonnée par le seul homme qu'elle aimait. Ces trois personnages singuliers semblent naviguer à la surface d'une ville hostile, imperméable à la diversité et indifférente à ces petites faiblesses qui nous rendent humains. Ce qu'ils ont en commun, c'est l'impossibilité de s'opposer à un destin qui va contre eux, un destin cruel, fait de privations et d'obligations trop lourdes. Ils partagent aussi un besoin d'amour immense qui consume leurs coeurs, un besoin de reconnaissance qu'ils n'arrivent plus à réprimer.

Et puis par une journée apparemment ordinaire, Cemo, Hayat et Ebru décident de se rebeller contre cette société qui les a rendus invisibles, en faisant fi des conséquences. Ainsi, dans Köpek,Esen Isik place sous le microscope une réalité dérangeante, tellement souvent reléguée au second plan qu'elle s'est faite ombre. Il nous livre un film subtil et cru à la fois, attentif aux détails infimes mais significatifs du parcours de ses trois personnages vers une liberté utopique. Köpek pose sur Istanbul un regard différent, sincère et cruel. Il nous apprend à reconnaître les signes discrets, presque invisibles, d'un changement devenu nécessaire. Il nous parle d'une société qui n'arrive pas à protéger un enfant de dix ans et où c'est cet enfant qui va lui-même sauver un chiot orphelin. Il nous parle d'une ville où personne n'ose se battre pour l'amour véritable, à l'exception d'un transsexuel, et où la liberté d'aimer est si clairement réservée aux hommes qu'une femme va devoir se dresser contre tous pour la revendiquer, quitte à le payer de sa vie.

Köpek est un premier long-métrage puissant qui dénonce sans ambages les injustices d'une société complexe et paradoxale.

(Traduit de l'italien)

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