La Belle et la meute (2017)
Corps et âme (2017)
Handia (2017)
Valley of Shadows (2017)
Laissez bronzer les cadavres (2017)
I Am Not a Witch (2017)
The Square (2017)
précédent
suivant
Choisissez votre langue en | es | fr | it

KARLOVY VARY 2016 Compétition

email print share on facebook share on twitter share on google+

My Father's Wings : à situation désespérante, remèdes désespérés

par 

- KARLOVY VARY 2016 : Le drame du Turc Kivanc Sezer relate le triste sort de travailleurs dans le bâtiment qui se retrouvent à mesurer le prix de la vie humaine et de la dignité

My Father's Wings : à situation désespérante, remèdes désespérés

Le Turc Kivanc Sezer, formé au montage à la Cineteca de Bologne, a dévoilé son premier long-métrage, My Father’s Wings [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, en avant-première mondiale au Festival de Karlovy Vary. Ce titre, en lice pour le Globe de cristal, a gagné à l’état de projet le Prix de développement de coproductions des Meetings on the Bridge du Festival d’Istanbul, et la deuxième place à l’Atelier de développement de projets Directors Across Borders du Festival de l’abricot d’or de Yerevan.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

L’histoire se passe dans le contexte de l’explosion du bâtiment à Istanbul, et de fait chaque plan est dominé par le béton et l’acier. Partout dans la ville, on voit des immeubles inachevés abandonnés, parce qu’il n’y a pas assez de travailleurs pour répondre au rythme exigé par les urbanistes. Et bien que ces travailleurs contruisent des immeubles de luxe, leur rétribution est loin d’être coquette : leurs salaires sont souvent en retard et les conditions de sécurité sur les chantiers sont terribles. Ibrahim, qui n’est plus tout jeune, travaille pour soutenir sa famille malgré sa santé, qui va de mal en pis, parce que leur logement a été détruit par une catastrophe naturelle et qu’ils doivent payer pour l’appartement de remplacement qu’on leur a attribué en tant que victimes.

Bien que le destin d’Ibrahim soit l’épine dorsale de tout le récit, l’intrigue se divise en deux nouvelles branches à partir du moment où Ibrahim apprend pourquoi il se sent de plus en plus mal : il a un cancer du poumon. Une des autres histoires, qui sert de contrepoint à celle d’Ibrahim, est celle du jeune et ambitieux Yusuf, qui a une idée claire de ce qu’il veut accomplir dans le domaine du bâtiment. La troisième intrigue se concentre sur Resul, le maître de chantier d’Ibrahim and Yusuf, qui veut absolument terminer les travaux le plus tôt possible pour saisir une autre opportunité plus juteuse. La réussite de Resul est pour Yusuf un modèle : ce dernier voudrait l’imiter en grimpant les échelons jusqu’au même poste.

Ces trois fils narratifs permettent de découvrir trois types de citoyens différents et leur place dans la société turque actuelle. Sezer rend bien le climat d’urgence et le contexte socio-économique de la Turquie d’aujourd’hui, où la classe ouvrière souffre terriblement. Le réalisateur se rattache en cela aux tendances du moment dans le cinéma turc, dans la lignée de films encensés comme Dust Cloth [+lire aussi :
critique
bande-annonce
film focus
interview : Ahu Öztürk
fiche film
]
 d’Ahu Ozturk ou Cold of Kalandar [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
de Musafa Kara. En revanche, contrairement à ce qu’Ozturk faisait dans son film, il adopte la perspective des hommes chargés de faire vivre leur famille, et donc ployant sur le poids de cette responsabilité comme le pauvre Ibrahim qui, à la veille de la retraite, n’a pas du tout les moyens de s’arrêter de travailler. Dans le cas d’Ibrahim comme de Resul, à situation désespérante, remèdes désespérés, sauf que le premier agit par besoin alors que le second est mu par la cupidité, et qu’Ibrahim va prendre le chemin de l’auto-destruction tandis que Resul va emprunter la voie de l’illégalité.

La narration de Sezer repose sur deux axes, l’individuel et le collectif, qui appellent tous deux des analyses sociales et psychologiques parallèles où l’enjeu est de mesurer la dignité et la valeur de la vie humaine face à des conditions de travail insoutenables et une instabilité économique terrible. Le directeur de la photographie Joerg Gruber utilise très bien les décors, usant notamment de plans vertigineux des bords des gratte-ciel inachevés et de travellings lents le long des murs qui accentuent efficacement la tension et la sensation de tragédie imminente que le film dégage.

My Father’s Wings a été produit par Soner Alper pour Nar Film, en coproduction avec Istanbul Digital.

(Traduit de l'anglais)

Lire aussi

Warsaw
EPI Distribution
LIM
 

dernières news

 

autres infos

Newsletter

Follow us on

facebook twitter rss