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SARAJEVO 2016 Hors-compétition

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All the Cities of the North : lorsque personnel et collectif se rencontrent

par 

- Grâce à son premier long métrage, Dane Komljen confirme qu'il est l’un des jeunes réalisateurs européens les plus provocateurs

All the Cities of the North : lorsque personnel et collectif se rencontrent

Après une première mondiale dans la catégorie Signs of Life du festival du film de LocarnoAll the Cities of the North [+lire aussi :
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fiche film
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, le premier long métrage de l’auteur et réalisateur Dane Komljen, a été présenté hors-compétition au programme du Festival de Sarajevo. Comme ses courts ou moyens métrages, I Already Am Everything I Want to Have, récompensé trois fois à la Cinéfondation du festival de Cannes en 2010, et All Still Orbit primé cette année au festival international du film de Rotterda, le premier long métrage du réalisateur bosniaque est une œuvre provocatrice et intrigante qui rassemble des histoires personnelles et collectives, ainsi que des éléments émotionnels et physiques nettement présents, mais difficiles à définir.

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Deux hommes (joués par Boris Isakovic et Boban Kaludjer) vivent vraisemblablement dans un complexe hôtelier abandonné, décrépi et à l’apparence dystopique. Il n’y a ni électricité, ni eau courante. Ils mangent des baies directement cueillies sur des buissons, font du café et cuisent des pommes de terre sur un réchaud à gaz, et dorment sur de vieux matelas. La raison de leur présence dans ce lieu n’est pas précisée, tout comme leur relation n’est pas explicitée. Ils ne se parlent jamais, mais il est clair que le lieu où ils se trouvent n’est pas la seule chose qui les connecte.

À un moment, un troisième homme entre en scène (joué par Komljen). Il les rejoint, et même s’il n’y a aucune interaction explicite entre eux, il est évident que l’harmonie a changé. On ne le voit même pas à travers leurs actions ou leurs expressions. Ils ne jouent pas ; ils possèdent juste ce temps et ce lieu.

Mais les choses changent, ce que le spectateur comprend grâce à l’approche différente du réalisateur, plutôt que grâce à un quelconque développement d’intrigue. Le quatrième mur tombe : un perchiste et un caméraman entrent dans le cadre au loin. Mais cela ne paraît pas anormal et ne change pas le ton du film ; l’équipe semble également faire partie de cet étrange endroit.

Même s’il n’y a pas de dialogue dans le film, la narration est faite hors caméra par les trois acteurs. La première narration ne détermine ni le moment, ni l’endroit, mais plutôt ce que ce cadre représente. Il s’agit de l’entreprise de construction la plus importante de Yougoslavie qui bâtissait des structures de grande envergure au Moyen Orient et en Afrique dans les années 60 et 70. La narration est accompagnée de photos de la International Trade Fair au Lagos, qui a été construite mais jamais utilisée pour sa fonction initiale, et a fini habitée par des sans-abris.

Les autres narrations comprennent des citations de Passion de Jean-Luc Godard et de La Pesanteur et la Grâce de Simone Weil. Elles ont aussi pour but de conduire le spectateur vers une certaine réflexion. Mais ce film aura un sens différent selon les personnes qui le regarde.

Ce qui est sûr, c’est qu’à travers sa force visuelle (Komljen utilise différentes techniques, allant de gros plans détaillés sur des parties du corps à de la photographie sous-marine) et à travers de subtils indices, il est question d’amour, de dévouement, de savoir s’il faut ou non rester avec une personne ou à un endroit, et de savoir comment tous ces problèmes personnels sont influencés par des facteurs externes comme la politique et l’économie. Ce film est un lieu où les circonstances personnelles et sociales convergent, sur de longues périodes, et créent ce qui plus tard fera partie d’un souvenir intime et collectif.

All the Cities of the North résulte de la coopération entre les sociétés de production Dart Film basée en Serbie, SCCA/Pro.ba et Vizart situées en Bosnie et Code Blue basée au Montenegro.

(Traduit de l'anglais)

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