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LOCARNO 2017 Compétition

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Good Manners, un film de genre existentialiste

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- LOCARNO 2017 : Le film de Juliana Rojas et Marco Dutra présenté en Compétition internationale, mélange brillamment genre et référence pour nous offrir un film qui ne ressemble à aucun autre

Good Manners, un film de genre existentialiste

Présenté à la Compétition internationale du Festival du Film Locarno, Les Bonnes Manières [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
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des réalisateurs Juliana Rojas et Marco Dutra (qui ont déjà travaillé ensemble pour divers courts-métrages et un premier long-métrage intitulé Hard Labor présenté à la section Un Certain Regard de Cannes et qui a remporté le prix Citizen Kane à Stiges) raconte l’histoire de Clara, une mystérieuse infirmière de la banlieue de Sao Paolo engagée par la riche et fascinante Ana pour prendre soin d’elle durant sa grossesse. Clara devra ensuite s’occuper de l’enfant.

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Mais qui est cette mystérieuse Ana, mi-femme fatale, mi-adolescente rebelle ? Que fait-elle seule dans cette immense maison dans laquelle elle semble être emprisonnée ? Une relation de plus en plus intense s’instaure entre les deux femmes et sera ponctuée d’épisodes étranges de somnambulisme durant lesquels Ana ère dans les rues de Sao Paolo à la recherche d’une proie à sacrifier au nom d’un dieu assoiffé de sang. Une nuit fatale transformera à jamais leur amour naissant en tragédie aux conséquences aussi inattendues qu’effrayantes. Voilà en quelques mots l’histoire que ces deux réalisateurs, jeunes et audacieux, nous racontent, nous forçant à nous agripper à nos sièges dans une grimace d’effroi mal dissimulée.

Les Bonnes Manières est un film de genre qui ne cesse d’évoluer, de l’horreur (l’histoire principale) au mélodrame (ce que vivent Clara et Ana) en passant par le musical (le film est rythmé par des moments musicaux réalisés d’une main de maître), dans un va-et-vient de références (Rosemary’s Baby, Ciao maschio, et King Kong pour n’en citer que quelques-unes) qui se transforment en un carnaval de sens.

Outre les deux protagonistes (interprétées par les charismatiques Marjorie Estiano et Isabél Zuaa) Les Bonnes Manières, met en avant une dualité qui deviendra le véritable centre du film. L’une est mystérieuse, introvertie et minimaliste ; l’autre est exubérante, excessive et instinctive. Clara et Ana (une sorte d’archétype de Lynch) incarnent les conflits que nous vivons tous, entre humanité et bestialité, bien et mal. Au-delà du film de genre (duquel nous pouvons profiter à volonté), c’est justement dans cette dualité que nous retrouvons la clé de lecture d’un film bien plus critique qu’il y paraît. Les bonnes manières du titre, l’apprivoisement de notre véritable nature, le besoin de réprimer nos spécificités (nos traits personnels, culturels...) par peur que celles-ci envahissent la rivière tranquille de nos vies ; dans le film, les protagonistes s’opposent à la société qui les a créées, un peu comme un chien (ou un loup en l’occurrence) qui mord la main qui le nourrit. De la première nuit de pleine lune à l’apogée, ‘’l’autre’’ ne cesse de lutter pour coexister dans une société incapable de l’accepter. Mais que signifie ‘’être accepté’’ finalement ? Et si le prix à payer de cette ‘’intégration’’ était trop élevé ? Et si les rôles s’inversaient et rendaient les ‘’bonnes manières’’ désuètes ? Un film fort et mystérieux comme un cauchemar éveillé.

Urban Distribution International possède les droits internationaux de ce film produit par le Brésil (Dezenove Som e Imagens) et la France (Good Fortune Films et Urban Factory).

(Traduit de l'italien)

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