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SUNDANCE 2018 Compétition World Cinema Documentary

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Westwood: Punk, Icon, Activist : regarder en arrière, c’est passé de mode

par 

- Lorna Tucker essaie de cerner la figure de Dame Vivienne Westwood, une icône de la mode réticente à se laisser saisir

Westwood: Punk, Icon, Activist : regarder en arrière, c’est passé de mode

Dès le début de Westwood: Punk, Icon, Activist [+lire aussi :
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, en lice à Sundance dans la Compétition World Cinema Documentary, la Britannique Lorna Tucker nous fait comprendre quelle gageure elle s’est donnée, en entreprenant de faire un film sur la légende de la mode Vivienne Westwood. Certes, on lui a accordé la permission de la suivre dans ses moindres mouvements mais dès la première scène, d’un sofa du Groucho Club de Londres, Westwood sermonne Tucker en disant devant la caméra qu’elle ne veut, ni n’aime, parler de son passé. Face à un sujet aussi réticent, le projet de Tucker implique une bataille constante pour faire en sorte que l’icône s’ouvre un peu à elle. Non qu’on ne puisse comprendre l’attitude de Westwood, car on sait que dans son univers, regarder en arrière, c’est toujours passé de mode. 

Tucker s’acquitte très bien de sa mission quand elle essaie de faire parler Westwood de Malcolm McLaren et Johnny Rotten, et de sa propre ascension comme une figure de la scène punk, le tout sans perdre de vue les aspects commerciaux de l’Empire Westwood ni l’activisme notoire de la figure de la mode en matière d’environnement.

Tucker divise le documentaire en trois parties. La première, Punk, revient sur l’enfance de Vivienne Isabel Swire, née dans le Cheshire, et sa passion précoce pour la confection dès l’âge de 12 ans, puis sur son mariage avec Derek Westwood ainsi que sa collaboration et sa relation avec Malcolm McClaren. Compte tenu de la difficulté qu’il y a à faire parler son sujet, Tucker prend la sage décision de ne pas s’enliser dans les faits, ce qui fonctionne, car les meilleurs moments de cet efficace film de 80 minutes sont ceux où Westwood expose sa vision du monde. Enfant, elle en a voulu à ses parents quand elle a découvert que le Christ avait été crucifié, ne connaissant jusque là que les belles histoires de l’enfant Jésus, ce qui l’a amenée par la suite à se méfier de tout le monde. Le fait que Westwood est si encline à laisser son passé punk derrière elle est assez fascinant, alors que McClaren et Rotten n’ont jamais évolué, déplore-t-elle. Rétrospectivement, elle ne voit plus le punk comme le mouvement radical dans lequel elle croyait s’inscrire à l’époque : “Nous n’attaquions pas l’establishment, nous faisions partie de la diversion”.

Le deuxième segment du film évoque Westwood l’icône et son parcours de la position de figure dont l’establishment s’est moqué (notamment par le biais d’une douloureuse interview par Sue Lawley pour BBC) à celle de doyenne du monde de la mode. La dernière partie, Activisme, s’intéresse au combat de Westwood pour la cause du changement climatique et la montre à des événements caritatifs et autres manifestations. Dans les trois chapitres du film, ce qui ressort nettement, c’est que Westwood ne se fait dire qui elle est par personne et qu’elle ne fait confiance qu’à une poignée de proches.

Ces proches confidents, Tucker est presque forcée de les traquer, pour que leurs récits comblent les blancs de celui de Westwood et nous permettent d’avoir une idée plus complète de la carrière de ce personnage inimitable. Le témoignage de son deuxième mari et collaborateur, Andreas Kronthaler, est particulièrement tendre et attachant, mais on entend aussi des anecdotes intéressantes de la part de Joseph Corré et de son fils avec Malcolm McClaren, ainsi qu’un compte-rendu par son partenaire en affaires, Carlo D’Amario. Au résultat, le documentaire de Tucker est plus une introduction à la vie de Westwood qu’un portrait exhaustif, et il fonctionne mieux quand la caméra suit la grande dame de la mode dans son environnement naturel, là où elle est susceptible d’avoir des propos plus spontanés sur les gens, son travail et les causes qu’elle défend.

Westwood: Punk, Icon, Activist a été produit par les sociétés britanniques Finished Films et Passion Pictures Les ventes internationales du film sont assurées par Dogwoof.

(Traduit de l'anglais)

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