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CANNES 2023

Ruben Östlund • Président du jury de la Compétition de Cannes

“Maintenant que j'ai vu comment c'était de l'autre côté, je sais mieux que jamais combien il est difficile de spéculer sur les goûts de quelqu'un d'autre”

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- CANNES 2023 : Après avoir accompli sa mission en tant que président du jury à Cannes, le lauréat de la Palme d'or 2022 a partagé quelques pensées sur cette expérience

Ruben Östlund • Président du jury de la Compétition de Cannes

Après avoir assumé ses responsabilités comme président du jury de la compétition cette année au Festival de Cannes (lire l'article), Ruben Östlund, qui a gagné la Palme d’or en 2022 avec, Sans filtre [+lire aussi :
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, a partagé avec nous quelques impressions sur cette expérience unique dans une vie.

Cineuropa : On va se faciliter les choses et juste répéter la question de l’année dernière : que ressentez-vous ?
Ruben Östlund : Pour le moment, je sens un certain vide, après deux semaines d'une chose qu’on ne vit probablement qu’une fois dans sa vie. Mais on va bientôt me faire redescendre de mon piédestal présidentiel, j'ai un petit garçon d'un an et huit mois qui va s’en charger.

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Pouvez-vous nous parler un peu de la manière dont ça se passe ? Qu’est-ce qu'on vous a donné comme instructions et dans quelle mesure attendait-on de vous que vous fassiez l'nstructeur ?
J’ai dîné avec Thierry Frémaux le premier soir et il m’a donné des astuces fondées sur d'autres éditions. J’ai ensuite décidé qu’après avoir vu trois films, on se retrouverait pour délibérer et qu'on ferait ça une fois par jour, avant la grosse discussion du dernier week-end. C’est assez normal, je suppose. Nous n’avons échangé que quand tout le monde était présent, pour qu'il n'y ait pas de sous-groupe ou de tentatives de lobbying individuelles. Et nous avons évité de lire toute critique ou de regarder tout classement par nombre d'étoiles. Les réunions collectives devaient être là où tout se passait.

Si vous voulez un peu d'information sur ce qui se passait de l’autre côté, sachez que beaucoup de journalistes ont essayé d’entrer dans votre tête afin de deviner quel film pourrait avoir vos faveurs. Vous n'êtes certainement pas le premier président du jury à être autant sous le microscope ("il fait ce genre de film, donc il va aimer ceci ou cela"). Pensez-vous que nous avons pu nous approcher de la vérité ?
Comme je n’ai rien lu, je n’ai aucune idée des spéculations, mais je dirais que ma propre expérience de l’espace cinéma est qu’une fois dedans, quelles que soient vos attentes, la situation est si prenante que tout ce qu’on attendait peut disparaître en un instant, ce qui m’a vraiment pris par surprise. Quels films les gens s’attendaient-ils à me voir aimer ?

Pour en citer deux, Club Zero [+lire aussi :
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et The Zone of Interest [+lire aussi :
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. D'autres films semblaient très anti-ostlundiens, comme par exemple La Passion de Dodin Bouffant, qui s'est retrouvé avec un très joli prix.
[rires] Eh bien je ne peux pas commenter nos discussions, mais je comprends totalement que les gens aiment essayer de deviner. Cela dit, maintenant que j’ai été de l’autre côté, je suis encore plus conscient du fait qu'il est très difficile de spéculer sur les goûts de quelqu’un d’autre.

Avez-vous envisagé le problème suivant : qu'un film que certains adoreraient semble trop sentimental à d’autres et qu'un autre film qui déplairait fortement à certains fasse l'effet d'un chef-d'oeuvre à d’autres, ce qui ferait qu'aucun n'aurait la première place, et que peut-être vous finiriez pas choisir un troisième film qui convienne à tout le monde, sans que personne ne l'adore... ?
Oui, j’y ai pensé. La première chose que j’ai dite au jury est d'éviter tout consensus. Les opinions personnelles fortes étaient encouragées et mises sur le devant. Je ne peux pas en dire davantage, mais je connais bien le problème. Au bout du compte, je suis content et fier des choix qu’on a fait, car ils représentent le festival et un mouvement progressiste vers l’avant. Anatomie d'une chute [+lire aussi :
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est un film extrêmement bien mis en scène ; Justine Triet connaît son métier à fond, et elle a touché à une vérité sur les dynamiques présentes au sein de ce couple d'artistes. Il est aussi intéressant que le film aille à rebours de l'approche habituelle des rôles de genres : la femme est généralement du bon côté, en bloc, mais ici, elle est... humaine, donc très loin d’être juste du bon côté et de n'avoir qu'une facette.

Comment se passe votre travail sur votre prochain projet ?
Très bien merci. Le tournage va commencer l’automne prochain et pour le moment, j’écris. Le casting va bientôt commencer. Je m’amuse beaucoup. J’espère le dévoiler en 2026, à Cannes.

Est-ce qu’il y a des gens que vous avez rencontrés à Cannes ces deux dernières semaines, ou que vous avez aussi vus à l’écran, avec lesquels vous aimeriez travailler dans le futur ?
Il y en a. Hélas, je ne vous dirai pas qui parce qu’ensuite, les agents vont lire ça et commencer à négocier et faire monter les prix. Mais il y a eu beaucoup de belles rencontres, et en tant que président de jury, on a accès à n’importe qui, n’importe où. Il se pourrait très bien que certaines de ces rencontres mènent à de futures collaborations, oui.

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(Traduit de l'anglais)

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