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ANNECY 2024

Vincent Paronnaud et Alexis Ducord • Réalisateurs de Angelo dans la forêt mystérieuse

"Si la nature est sauvée, peut-être que la nature nous sauvera"

par 

- Associés pour la première fois, les deux cinéastes français expliquent les secrets de fabrication d’un film destiné aux enfants, mais qui divertira aussi beaucoup les adultes

Vincent Paronnaud et Alexis Ducord • Réalisateurs de Angelo dans la forêt mystérieuse

Révélé avec Persepolis [+lire aussi :
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(co-réalisé avec Marjane Satrapi et prix du jury à Cannes en 2007), Vincent Paronnaud navigue depuis entre cinéma d’animation et prises de vues réelles tout en menant une prolifique carrière d’auteur de bande dessinées sous le nom de Winshluss. Pour sa part, Alexis Ducord a notamment co-réalisé Zombillénium [+lire aussi :
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(séance spéciale à Cannes en 2017). Le duo nous parle de son premier opus en commun, Angelo dans la forêt mystérieuse [+lire aussi :
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, dévoilé en séances spéciale du 77e Festival de Cannes et en compétition au 43e Festival d’Annecy.

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Cineuropa : Vincent, votre bande dessinée Angelo dans la forêt sombre et mystérieuse date de 2016. Comment est venue l’idée de l’adapter pour le grand écran ?
Vincent Paronnaud : Quand j’ai terminé la BD, j’ai senti qu’il y avait un potentiel d’adaptation car c’était un ouvrage ouvert. C’est toujours pareil, c’est plus dur d’adapter Céline que Stephen King car certaines œuvres littéraires sont très serrées alors que d’autres, on peut s’en emparer beaucoup plus facilement. Là, on pouvait rajouter des situations, des personnages, garder la même saveur en utilisant d’autres ingrédients. Le producteur Marc Jousset (Je Suis Bien Content) m’a ensuite proposé une adaptation. Comme j’avais eu des prix Jeunesse, j’avais une crédibilité car je viens plutôt d’un registre Adultes. J’ai accepté et nous avons discuté d’une collaboration et j’ai pensé à Alexis que je connaissais et qui avait une expertise sur la 3D que je n’avais pas. Cela s’est emboîté comme cela, de manière assez familiale.

Alexis Ducord : Au-delà de la bande dessinée que j’aimais beaucoup, j’avais toujours suivi le travail de Vincent que connaissais bien car il avait fait quelques courts métrages au studio Je Suis Bien Content dans lequel je travaille depuis 20 ans. Nous n’avions jamais vraiment travaillé ensemble et j’étais très intéressé car avant même le film, c’est surtout l’environnement de travail qui m’attire, en l’occurrence mettre en place une équipe associant Vincent, Je Suis Bien Content, Gao Shan Pictures. C’est au moins aussi important que le résultat final car on part pour trois ou quatre ans ensemble.

Quelle était la cible du film ? Comment l’avez-vous travaillée à l’écriture du scénario ?
V.P. : C’est un film clairement pour les enfants. Donc même si on peut la complexifier, il faut une histoire simple. Avec Alexis, nous n’avons pas peur des clichés et le livre en était déjà rempli, en lien avec les contes comme avec l’ogre. Mais en tant que père de famille aimant regarder des dessins animés avec mes enfants, ce qui me terrifie, c’est de m’ennuyer et certaines productions destinées aux tout petits sont parfois douloureuses de ce point de vue. Quand on bascule ensuite sur du pré-adolescent, on peut commencer à s’amuser, à glisser des références, un jeu intellectuel que les enfants soupçonnent même s’ils ne le comprennent pas forcément. La troisième strate, c’est de s‘adresser aux parents dans une forme de complicité puisqu’on aborde des sujets plus ou moins drôles et plus ou moins douloureux comme la perte de la grand-mère par exemple. La cible Enfants ne signifie pas faire quelque chose de simplet avec une démagogie d’adulte pensant apprendre quelque chose aux enfants.

Le film a un déroulé narratif très direct avec des événements qui s’enchaînent rapidement mais il mêle quand même trois dimensions : les mésaventures d’Angelo perdu dans la forêt, ses échappées dans sa propre imagination, et le voyage des parents qui se poursuit sans lui.
V.P. : La bande dessinée est un conte initiatique picaresque à la Pinocchio : ce petit bonhomme avance, il vit des aventures et à la fin, il est changé. Pour le film, il a fallu dramatiser, créer un crescendo, ce qui a permis de rajouter de la "complexité", de faire de petites parenthèses comme ne pas perde la famille par exemple. Donc il a donc fallu construire un autre récit à l’intérieur du récit avec les ponctuations de la relation avec le GPS (et ses crises existentielles) de la voiture des parents, un sujet d’actualité sur l’Intelligence Artificielle qui était moins prégnant quand nous y avons pensé il y a quelques années.

L’écologie reste le sujet de fond du film.
V.P. : Cela touche énormément les enfants car c’est une génération à qui l’on dit que ce sera bientôt la fin du monde. Et ce qu’on observe globalement est quand même absurde : tout le monde veut sauver la planète, mais rien n’est fait pour, c’est même quasiment l’inverse qui se produit. La naïveté de ce qui est raconté dans le film est précieuse car c’est bien le moment de redevenir naïf ou innocent. Avec Alexis, nous voulions donner une information simple : si on ne fait pas attention, on casse le jouet et si le jouet est cassé, il n’y a plus rien. C’est pour cette raison qu’il y a le parallèle romanesque avec la grand-mère : si la nature est sauvée, peut-être que la nature nous sauvera.

A.D. : C’est un message qu’il y a dans bon nombre de films Jeunesse depuis une vingtaine d’années et il est important de garder cette ligne directrice quand on raconte une histoire.

V.P. : Au-delà de l’écologie, il y a le personnage d’Ultra qui est ultra totalitaire ou ultra libéral, au choix. Il incarne cette présence qu’on observe autour de nous de beaucoup de puissants qui servent leurs propres intérêts. Il n’y a rien de neuf, ce n’est pas nouveau comme situation. Avec Alexis, nous voulions aborder ce sujet de manière innocente, avec des messages simples : "la tolérance est nécessaire", "attention à la nature", "il ne faut pas perdre espoir". On dirait un peu ces messages qu’on peut trouver dans de gâteaux chinois (rires), mais c’est bien le moment, quand on parle aux enfants, de retrouver un peu d’énergie et de lumière.

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