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“Parler de nos blessures peut les apaiser”

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Imanol Uribe • Réalisateur

par 

- Lejos del mar, du Basque Imanol Uribe, arrive sur les écrans. Ce drame tourné à Almeria aborde les conséquences de la violence terroriste d’un point de vue personnel

Imanol Uribe  • Réalisateur
(© Festival de San Sebastián)

Cineuropa a rencontré Imanol Uribe à l’occasion de la sortie de Lejos del mar [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Imanol Uribe
fiche film
]
, un drame dans lequel Santi, un terroriste sorti de prison (Eduard Fernández), tombe par hasard sur Marina, une de ses victimes (Elena Anaya). Ce film qui aborde un sujet sensible a fait couler beaucoup d’encre à la dernière édition du Festival de San Sebastian, il y a à peine un an.

Cineuropa : Pour ce film, vous êtes retourné à Almeria, où vous aviez déjà tourné Bwana (1996). Pourquoi cet endroit ?
Imanol Uribe : Dès la phase d’écriture, mon co-scénariste Daniel Cebrián et moi avons tout de suite pensé à Cabo de Gata pour son paysage austère, un peu diamantin, désolé mais si beau. C’était le décor parfait pour cette histoire à la fois cruelle est magnifique. La difficulté qui s’est posée était de trouver un cabanon sur une plage déserte. Pour le trouver, nous avons parcouru toute la côte de long en large. Le seul que nous ayons pu trouver dans toute l’Espagne était sur la plage de Rodalquilar.

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L’autre retour qu’opère ce film est thématique. Vous y évoquez en effet le terrorisme, dont vous traitiez déjà dans Le sexe du diable et Días contados.
Je voulais amener à un niveau plus intime les conséquences de la violence, ces actes qu’on commet à la légère quand on est jeune mais qui ont des répercussions, sur la victime et son entourage mais aussi sur le coupable. Il y a encore quelques années, on ne pouvait pas aborder ce thème en Espagne, car le terrorisme y était encore très actif, or si on s’aligne trop sur l’actualité, comme elle est très changeante, elle chamboule tout. Quatre ans sont passés depuis la fin des violence, et bien qu’il soit encore tôt pour vraiment en parler, on peut commencer à le faire. De plus en plus de films sur le sujet sont amenés à voir le jour, car celui-ci nous a profondément marqués, et pour longtemps. Tôt ou tard, il va falloir que ça sorte. Les blessures sont encore présentes et douloureuses, mais en parler peut les apaiser.

Comment avez-vous choisi vos acteurs ?
Nous avons pensé à Eduard avant même d’écrire le scénario. Il avait un petit rôle dans mon film précédent et l’expérience a été si bonne que j’avais envie de la renouveler. Nous avons donc écrit le scénario en pensant à lui. Le personnage de Santi, assez passif au début du film, a besoin d’attirer le regard, et Eduard en était capable. Pour Elena, l’idée s’est imposée à la fin de la phase d’écriture.

Quelles décisions narratives avez-vous prises pendant la réalisation du film ? Quand est venue celle de vous passer de musique, par exemple ?
Ce choix-là s’est imposé après. J’envisageais d’intégrer au film la musique d’Antonio Meliveo, qui a composé celle de Plenilunio, mais au moment du montage, je n’ai trouvé aucun air qui puisse aller avec les images. Nous avons essayé des musiques, mais rien n’allait avec le film. Le silence lui convenait beaucoup mieux – d’autant que je suis maniaque et que ce que je je remarque de plus en plus avant toute chose, ce sont les excès, or on abuse beaucoup de la musique, pour souligner l’action. Ici, il n’y a qu’une musique de Javier Ruibal, pour accompagner le générique de fin. C’est un film très sobre. Je suis de plus en plus minimaliste, procédant par dépouillement pour aller à l’essentiel et poser mon regard sur ce qui m’intéresse uniquement, sans ornements. Je ne sais pas si c’est bien ou mal, c’est un besoin que je sens dans ma chair.

(Traduit de l'espagnol)

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