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Rä di Martino • Réalisatrice

La Controfigura est un film qui va bien au-delà des frontières du cinéma”

par 

- Nous nous sommes entretenus avec la réalisatrice de La Controfigura, Rä di Martino, qui a reçu le prix Eurimages Lab Project au Festival du film de Karlovy Vary

Rä di Martino • Réalisatrice
(© La Biennale di Venezia / foto ASAC)

La Controfigura [+lire aussi :
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fiche film
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, un premier long-métrage par Rä di Martino, a gagné le prix Eurimages Lab Project au Festival du film de Karlovy Vary, accordé à des films qui sont en production ou en post-production (cf. notre actualité pour plus de détails). À l’état de projet en cours, donc, il a été choisi parmi 100 coproductions européennes, pour sa capacité à aller au-delà des frontières traditionnelles du cinéma, et il a reçu 50 000€ du fonds Eurimages. La Controfigura suit une équipe de tournage italienne à Marrakech tandis qu’ils essaient de faire un remake du Plongeon, le film américain de 1968 réalisé par Frank Perry. Dans le film de Rä di Martino, la troupe comprend des noms connus comme Valeria GolinoCorrado Sassi et Filippo Timi, ce dernier dans un rôle inspiré de celui de Burt Lancaster dans le film original. Le film est coproduction franco-italo-suisse de Dugong Films en association avec Produzioni IlluminatiIn Between Art Film (Italie), Snaporazverein (Suisse) et Haut les mains (France), avec des ventes assurées par Slingshot Films. La Controfigura a été présenté à la Mostra de Venise, dans la section Cinéma dans le jardin. 

Cineuropa : Vous êtes une artiste plasticienne qui travaille à partir de toutes sortes de matériaux sur un large éventail de mediums. Pourquoi avez-vous décidé de rendre dans votre premier film hommage à un film culte des années Soixante ?
Rä di Martino : Le Plongeur est un film très apprécié de beaucoup d’artistes, qui s’en sont inspiré, ou l’ont même copié d’une certaine manière. Je travaille à partir de choses qui existent déjà. On est tellement bombardés de médias que l’idée d’inventer quelque chose de nouveau paraît obsolète. J’ai aussi fait des travaux vidéo qui sont un peu comme des courts-métrages : j’ai utilisé de vrais acteurs, mais ce n’étaient pas des récits à part entière. Il s’agissait plus de projets de déconstructions conçus pour être projetés dans les musées. Cependant, ils ont été sélectionnés dans des festivals de cinéma, car ils peuvent voyager d’un domaine à l’autre. Au fil des ans, je savais que, tôt ou tard, je me mettrais à réaliser des films. La Controfigura allait être un film "normal", avec un scénario et tout, mais je n’ai pas pu ! Je n’ai même pas écrit de scénario, ce qui a eu un impact car sans scénario, on ne peut pas demander des financements publics, donc la seule option est de recourir à des fonds privés. En fin de compte, c’était un projet considéré en Italie comme n’ayant pas d’"intérêt culturel", car basé sur un film américain et tourné au Maroc.

Est-ce qu’il a été difficile d’obtenir des financements, malgré l’implication de comédiens comme Valeria Golino et Filippo Timi ?
Je connais Filippo depuis un certain temps, et on a collaboré auparavant. Il comprenait le projet et savait lire entre les lignes. Quant à Valeria Golino, on a pensé à elle plus tard, quand on a cherché quelqu’un pour incarner la star italienne. Elle a été très sympa et elle a aidé. Le fait que j’ai tourné The Show MAS Go On juste avant a été d’une grande aide car Iaia Forte, qui était impliquée dans mon documentaire de 2014, est une bonne amie de Valeria, et effectivement, Valeria s’est jetée à l’eau en acceptant un projet avec si peu de moyens. Nos deux acteurs marocains, Nadia Kounda et Younès Bouab, sont aussi connus dans leur pays. Le film était tellement hors normes qu’on a dû trouver des sponsors, des associations et des partenaires de coproduction au sein de sociétés indépendantes plutôt petites. On a commencé à tourner, et au milieu du tournage, on a eu la bonne surprise d’obtenir le prix Eurimages. Ce prix nous a vraiment donné l’impression de tomber du ciel, car c’est exactement ce dont on avait besoin à l’époque. 

Le film a gagné le prix Eurimages pour son approche "visuelle expérimentale et ironique d’un style de narration innovant et pour l’espace unique qu’il occupe, à mi-chemin entre cinéma et art". Le jury a-t-il capturé l’essence du film ?
Vous savez comment c’est, les pitches pour les prix… Le projet n’était pas facile à décrire. Il est de ces films pour lesquels il est plus facile de trouver des financements une fois qu’ils ont été tournés. J’ai toujours essayé d’expliquer que c’était “un pseudo-remake mais aussi un regard sur les coulisses”, mais personne n’a compris. On peut dire aussi : “Un homme traverse une sorte de crise, ce n’est pas un acteur et il balbutie”. C’était quasiment impossible à résumer. Tous mes espoirs se sont rabattus sur les prix de post-production !

Comment se déroule la distribution du film en Italie ?
La société Slingshot Films, qui siège à Trieste et se spécialise dans le cinéma d’art et d’essai extrême, tente très courageusement de vendre et distribuer le film, et quelques musées qui font partie de l’AMACI (l’Association Italienne des Musées d’Art Contemporain), et qui ont un auditorium ou des liens avec le cinéma, ont organisé des séances : au MAXXi à Rome, au GAMeC à Bergame avec Lab80, et il y en a d’autres. Le film a été projeté sur un circuit d’environ 14 cinémas immédiatement après son avant-première à la Mostra de Venise. À présent, avec Slingshot, on se concentre sur les salles, et les projections spéciales en ma présence. C’est le seul type de distribution possible pour des films comme les miens. On a d’autres projections prévues dans le cadre de festivals, dans des cinémas et des musées.

Qu’avez-vous prévu pour la suite ?
Je prépare un documentaire qui je tournerai à Rome le printemps et l’été prochains, et j’ai aussi un sujet pour une fiction que j’espère utiliser comme base pour un scénario très prochainement. J’y travaille, même s’il s’agit d’un autre projet absurde, dans la lignée de La Controfigura

(Traduit par Florian Etcheverry)

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