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BERLIN 2015 Forum

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The Valley : une nouvelle vague grecque venue du Liban ?

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- BERLIN 2015 : Si le Liban faisait du cinéma grec contemporain, le résultat serait sûrement aussi bon que le nouveau film de Ghassan Salhab

The Valley : une nouvelle vague grecque venue du Liban ?

Cette coproduction entre l'Europe et le Moyen-Orient est la marque de l’engagement ferme du Festival de Berlin et du World Cinema Fund à présenter cette année des films moyen-orientaux (notamment des titres comme Love, Theft and Other Entanglements de Palestine et l'excellent Taxi de l’Iranien Jafar Panahi). Ceci a permis de représenter des perspectives non-israéliennes, comme dans le film The Valley [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]

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Ce film, projeté dans la section Forum, montre l’évolution du réalisateur Ghassan Salhab entre the Mountain (son précédent long métrage) et The Valley, dont le titre renvoie à la verte Plaine de la Bekaa, le film étant lui-même une ode à ces paysages. C'est justement cela qui le rend fascinant, car il n'est pas facile de rendre l'atmosphère d'une étendue aussi vaste ?

La clef est apparemment la délicatesse. The Valley représente, au sein du programme de Berlin, ce que Stefan Dobroiu a qualifié, plus tôt cette semaine, de "minimalisme efficace". Une bande originale d'abord très discrète capture les rythmes hypnotiques de ce cadre pratiquement inerte et des plans prolongés nous rappellent qu'on vient de pénétrer un lieu espace où le temps s’écoule mais ne passe pas. 

L’accent que met Salhab sur la vallée, souligné par une voix-off poétique,donne à l'ensemble une dimension assez scripturale (que la référence soit chrétienne ou islamique). En effet, la seconde image que nous apercevons est un serpent coupé en deux par un pneu de voiture. Ce personnage diabolique est bien un peu coupable : par sa faute, une voiture est sortie de la route –  une scène que le réalisateur relate en n'usant que du son. Ainsi, The Valley commence par un black out, pourrait-on dire, car l’écran ne s'allume que pour redevenir noir quelques moments de plus.

Cette scène représente la perte de conscience du conducteur. Quand il se réveille, ce protagoniste sans nom (comme tous les autres personnages) a perdu la mémoire. Cet élément est central dans le film, car Salhab refuse de nous expliquer la psychologie des personnages, espérant plutôt créer un texte qui provoque des réactions psychologiques, ce qu'il parvient bel et bien à faire. The Valley a la vertu d'amener le spectateur à se poser toutes sortes de questions : pratiques, sur la conspiration, et même métaphysiques. 

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un film surréaliste (bien que les rêves y soient discutés et qu'une scène montrant des fourmis en plein chaos soit utilisée comme métaphore de la société libanaise), on peut dire que la première partie tourne autour de l'état de semi-conscience du protagoniste, ce qui donne lieu à des images brumeuses à plusieurs niveaux, créées par superposition ou en filmant à travers des surfaces réfléchissantes. Et puis soudain, sans qu'on s'y attende, la victime de l'accident de voiture est emmenée par des inconnus dans le laboratoire où ils fabriquent de la cocaïne.

Le temps de trajet jusqu'au laboratoire permet en outre à Salhab d'opérer un demi-tour complet, passant du registre mystérieux à celui du thriller d'épouvante. L'auteur rend, assez magistralement, la prémisse du film insignifiante, lui permettant de naviguer sans problèmes entre les genres. Cette prouesse du cinéaste rappelle assez le style de la "Nouvelle vague grecque", avec ses expositions aux rythmes lents et ses dénouements qui laissent pantois. À la différence près que le travail de Salhab a des implications politiques assez explosives : The Valley rend puissamment compte de la situation de purgatoire que vit actuellement le Moyen-Orient.

The Valley, dont les ventes internationales sont assurées par Doc & Film International, est un film à voir absolument.

(Traduit de l'anglais)

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