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FILMS Turquie/Grèce/Australie

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The Fish in Me : une histoire d'identité intrigante, à l'humour subtil

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- Ce 2ème film d'Ertan Velimatti Alagöz, un des rares titres turcs à ne s'être pas désisté du Festival d'Istanbul Film Festival, s'appuie sur un scénario ingénieux qui laisse de l'espace pour que le spectateur tire ses propres conclusions

The Fish in Me : une histoire d'identité intrigante, à l'humour subtil

Un des cinq films de la section Nouveau cinéma turc du Festival d'Istanbul à avoir été effectivement projeté à l'occasion de l'événement (largement boycotté, avec le soutien des organisateurs, suite à l'exclusion d'un film, une décision considérée par tous comme relevant de la censure - lire l'article) était The Fish in Me,le deuxième long-métrage d'Ertan Velimatti Alagöz (One After Another), une histoire intrigante et bien menée dont le héros est un homme qui cherche son identité la plus primordiale.

Cet homme, Barış (Deniz Celiloğlu), est né avec une malformation causée par un médicament prescrit à sa mère pendant sa grossesse : sa main est déformée et ressemble un peu à une nageoire. À présent, il y a une trentaine d'années et son expertise en biologie marine lui permet de gérer un magasin d'aquariophilie hérité de son père, mort en mer. Barış souffre par ailleurs d'un trouble bipolaire : l'hiver, il est dépressif, pessimiste et las alors que l'été, il est sûr de lui et plus énergique.

Il est suivi par un hypnothérapeute, et à travers leurs échanges, on en apprend davantage sur son passé et sa personnalité, ainsi que sa relation avec ses parents. Sa mère vit seule avec son chat, et Barış hait les chats. Il n'aime pas les barbiers non plus. Et il a des tas d'autres petites particularités qui agacent légèrement les gens qui l'entourent, y compris ses clients et son cousin (qui vit chez lui depuis qu'il s'est fait jeter de chez son père parce qu'il avait trop de chats). Il faut dire que c'est réciproque : lui-même a du mal à vivre avec les autres, qui lui compliquent tellement la vie.

Pour tout cela – et aussi, en grande partie, à cause de sa drôle de main –, Barış se sent plus proches des créatures marines que des humains. Il est tout spécialement passionné par le Tiktaalik, la première espèce à être sortie de l'eau pour s'aventurer sur terre, et se lance dans des recherches complexes pour comprendre la connection qu'il sent avec cet animal. Si sa théorie est tirée par les cheveux sur le plan scientifique, du moins le film semble-t-il le suggérer, elle fonctionne très bien dans le contexte du film, qui paraît simple mais propose en réalité une analyse complexe de l'identité primordiale de l'homme.

Le film est divisé en deux parties : Hiver et Été. À la fin du volet hivernal, la mère de Barış meurt et quand l'été commence, il prend la décision de laisser son appartement et sa boutique à son cousin pour partir, dans le bateau de son père, sur la Mer Égée.

Au port, il tombe sur Deniz (incarné par Deniz Özdoğan – il faut noter qu'en turc, Deniz est un nom masculin et féminin qui signifie "mer"), une fille rencontrée quelques années plus tôt lors d'une mission de sauvetage de dauphins. Elle vit là et enseigne la plongée avec son frère, tout en essayant d'établir un record de profondeur. Deniz est presque plus un poisson qu'une créature humaine – même son asthme disparaît sous l'eau. Les deux jeunes gens entament une relation compliquée...

The Fish in Me est un film sensible et délicat, plein de passion et aggrémenté d'un humour subtilement sarcastique. Le scénario bien fait d'Alagöz laisse les personnages respirer et laisse de l'espace pour que le spectateur tire ses propres conclusions. Il propose une combinaison sophistiquée de récits personnels et d'archétypes, puis ramène l'ensemble à la réalité d'un coup, par une simple réplique ou un seul geste. Le seul péché du film est d'offrir une fin un peu expéditive, mais on oublie vite ce petit défaut, car le film est excellent.

Il faut signaler le formidable travail du chef opérateur finlandais aguerri Jarkko T Laine : les plans sur la côte de la Mer Égée et les séquences subaquatiques portent le film au-delà du récit intime.

The Fish in Me a été produit à Istanbul par KokoSuku Film, en coproduction avec la société grecque 2/35 et l'australienne Adaudio. KokoSuku détient encore les droits du film pour le monde, mais on recommande aux acheteurs de ne pas manquer cette opportunité.

(Traduit de l'anglais)

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