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Lazar ou la prise de conscience d’un jeune homme

par 

- En nous plongeant au cœur de l’immigration clandestine, le nouveau film de Svetozar Ristovski se veut le reflet d’une société victime de la déshumanisation et de la corruption

Lazar ou la prise de conscience d’un jeune homme
Vedran Živolić dans Lazar

Avec son troisième long-métrage, Lazar [+lire aussi :
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fiche film
]
, projeté en compétition au Brussels Film Festival, Svetozar Ristovski dresse à nouveau le portrait d’une société qui corrompt sa population. Alors que le précédent film du réalisateur macédonien, Mirage (2004), s’intéressait à un adolescent confronté à la dure réalité de la vie en Macédoine suite à la dissolution de la Yougoslavie, Lazar se déroule dans le présent, à une époque où les frontières façonnent toujours les convictions des gens, et suit le parcours d’un jeune homme d’une vingtaine d’années (Vedran Živolić), qui gagne sa vie en participant à des transferts d’immigrés clandestins vers l’Europe.

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Lazar décrit en fait la réalité telle qu’elle était il y a seulement quelques années, lorsque la Grèce représentait pour les réfugiés la porte d’entrée de la terre promise qu’est l’Union européenne. Le film nous plonge par conséquent au cœur du problème, qui n’a fait que s’aggraver en Europe ces dernières années et a fait de la Macédoine l’une des étapes de la route des Balkans empruntée par des milliers d’immigrants à la recherche d’une vie meilleure. Et pour décrire ce phénomène, le réalisateur a choisi un point de vue très audacieux : celui des "passeurs" de réfugiés eux-mêmes. Dans le film, plusieurs individus se retrouvent impliqués dans le transfert d’immigrés clandestins en Europe à cause du chômage, du manque d’opportunités et de la corruption. En outre, la déshumanisation des immigrés est la seule façon pour les passeurs de bien faire leur travail, ce que Ristovski retranscrit très bien à l’écran : dans Lazar, les réfugiés ne sont rien d’autre que des ombres, des chiffres dans nom et sans visage.

Le personnage principal, Lazar, un jeune homme discret, intelligent et efficace, est interprété à merveille par Živolić, qui subjugue le spectateur en incarnant un jeune homme dans l’impasse, en proie à ses démons intérieurs, à ses doutes et à un sentiment de dégoût et d’impuissance. Néanmoins, le film ne se concentre pas uniquement sur Lazar, puisque ses rencontres tout au long du film sont l’occasion d’introduire plusieurs autres personnages représentant chacun un aspect différent de la Macédoine contemporaine : une jeune femme (Natasha Petrovic) dont Lazar tombe amoureux, qui vend du carrelage en espérant pouvoir bientôt retourner à l’université ; le beau-frère de Lazar (Dejan Lilic), un homme désespéré, brisé par ses échecs et qui veut rendre son fils fier de lui ; la mère de Lazar qui, après avoir été abandonnée par son mari, a émigré en Allemagne pour y fonder une nouvelle famille ; et un ami de Lazar, un jeune homme qui a obtenu un passeport bulgare (le meilleur moyen d’avoir un accès direct à l’Union européenne) et conseille au héros de faire de même.

Lazar mêle habilement plusieurs éléments propres à un drame de société réaliste avec une note de film de gangsters à la française pour dépeindre la prise de conscience d’un jeune homme qui, grâce au véritable amour et suite à un accident tragique, se met à reconsidérer ses décisions dans la vie et à observer plus attentivement les gens qui l’entourent, ce qui fait de ce long-métrage une œuvre captivante qui s’interroge sur l’existence, la cohabitation entre les êtres humains et le prix à payer pour survivre.

Ce film a été coproduit par la Macédoine, la Croatie et la France, par l’intermédiaire des sociétés Arizona Productions, Gala Film, Small Moves et MP Films. Arizona Films est également responsable des ventes internationales du film et de sa distribution en France.

(Traduit de l'anglais)

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