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Ghost Hunting : des blessures qui ne se referment pas

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- Le Palestinien Raed Andoni parle de sa propre expérience dans ce documentaire, un témoignage sociopolitique de première ligne de l’interminable conflit israélo-palestinien

Ghost Hunting : des blessures qui ne se referment pas

Les raisons d’aimer le cinéma sont infinies. Sa capacité à transformer les expériences les plus noires et traumatiques en œuvres d’art inspirantes et édifiantes n’est qu’un exemple. C’est le cas de Ghost Hunting [+lire aussi :
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, un film hybride entre le documentaire, la fiction et l’expérimentation présenté au Festival International du Film de Transylvanie après avoir reçu le Prix du Meilleur Documentaire à la Berlinale. Le réalisateur palestinien Raed Andoni, tente d’exorciser les démons qui le poursuivent depuis son enfermement dans un centre de prisonniers en Israël.

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Le cinéaste propose de recréer, avec des acteurs professionnels, ce qu’il a vécu durant ces mois d’isolement, durant lesquels il a été soumis à tout type de tortures. En tant que spectateurs, nous sommes témoins de la mise en œuvre pour recréer la prison dans ce qui semble être un garage ou un entrepôt industriel. Nous assistons également au processus de sélection des acteurs, qui comprend une particularité importante pour le déroulement du film : les hommes prêts à se lancer dans cette aventure risquée doivent avoir eux-mêmes vécu la réalité d’un centre de détention en Israël.

Lorsque le film commence, nous sommes témoins de tortures recréées avec tant de cruauté qu’il est impossible de savoir jusqu’où les acteurs interprètent leur rôle. Ce que nous voyons fait si mal, nous frappe tellement, que nous pourrions croire que nous assistons à un processus de transe : les fantômes prennent corps et ceux qui furent victimes de la barbarie la plus injuste luttent de toutes leurs forces pour restaurer la dignité qu’on leur a arrachée.

Ghost Hunting confronte le spectateur de manière directe et sans filtre à une réalité terrible et cruelle, où le mot ‘’humanité’’ perd tout son sens. Les hommes deviennent des bêtes dont l’unique raison d’être est la survie. L’horreur est si tangible que nous peinons par moment à distinguer la limite entre la fiction et la réalité. L’état psychologique des victimes de torture des années après les avoir subies n’est-il pas aussi terrible que le fait que ces tortures aient existées ? Les souvenirs qui les tourmentent ne sont-ils pas une sorte de rêve pervers qui envahit de manière inévitable la réalité de ces personnes ? Les questions que pose le film sont complexes, tout comme l’entrelacs émotionnel qu’Andoni construit (ou reconstruit) dans ce travail fantastique.

De merveilleux instants d’animation s’intercalent au milieu de ces évènements insensés, dotant le film d’un lyrisme sinistre qui parvient à s’incruster dans nos esprits et à bouleverser nos pensées pendant un long moment.

Ghost Hunting est une coproduction entre la Palestine, la France (Rouge International, Les Films de Zayna), la Suisse (Akka Films) et le Qatar. UDI — Urban Distribution International assure les ventes internationales du film.

(Traduit de l'espagnol)

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