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NEW HORIZONS 2020

Critique : Simple Things

par 

- Dans ce deuxième long-métrage modeste mais touchant par Grzegorz Zariczny, qui a fait sa première mondiale récemment au 20e Festival New Horizons de Wroclaw, le réel et l’écrit s’enchevêtrent

Critique : Simple Things
Błażej Kitowski et Magdalena Sztorc dans Simple Things

Construire une maison hors de la ville, élever un enfant et un chien près d’une forêt sauvage ou d’un ruisseau est comme un fantasme pour toutes sortes de créatifs urbains épuisés et de post-hippies. Si cette fichue réalité ne s’en mêlait pas, ce serait également comme un rêve qui se réalise pour Błażej (Błażej Kitowski) et sa compagne Magda (Magdalena Sztorc), les héros du film de Grzegorz Zariczny Simple Things, présenté lors de la 20e édition du Festival New Horizons à Wroclaw. Au lieu d’un été polonais idyllique, nous retrouvons la pluie et la boue de l’automne, certainement la période de l’année la plus déprimante sur Terre. Le couple n’a pas les moyens de se payer les services d’un professionnel pour poser les revêtements de sol et plâtrer les murs. Ils s’en chargent donc eux-mêmes, avec l’aide de l’oncle de Błażej, qui s’installe chez eux pour l’occasion. Sa présence fait également ressortir les blessures émotionnelles que Błażej avait enfouies sous des couches de béton émotionnel. Curieusement, il travaille comme caméraman pour un atelier psychologique qui pousse les gens touchés par le deuil et la perte de quelqu’un à se confier sur leurs sentiments, et à pleurer, de la manière la plus pénible qui soit. Son côté calme, détendu, mais aussi introverti fait que le gars ne sait pas vraiment quoi en penser.

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Le temps passe lentement, encore un des charmes discutables de l’automne et de l’hiver polonais, qui semblent être éternels. La nouvelle maison s’apprête tranquillement à accueillir ses premiers locataires alors que la confrontation de Błażej avec lui-même et avec sa famille est de plus en plus difficile à repousser.

Simple Things est l’un de ces films qui mêle, avec douceur et mais aussi avec élégance, fiction et documentaire. Le premier film de Zariczny, Waves [+lire aussi :
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, était réalisé de manière similaire, mais ce n’est pas vraiment l’expérimentation de la forme qui intéresse le réalisateur polonais. Pour lui, il s’agit davantage d’utiliser autant de moyens que possible pour montrer le véritable esprit humain. Kitowski et Sztorc travaillent dans le domaine du cinéma, mais ils ne sont pas acteurs : elle est productrice (pour ce film également), et lui, caméraman. Et le générique de fin nous apprend que le scénario était basé sur leur histoire.

Le travail de Zariczny est subtil et presque invisible. Il se fond dans le décor comme tout bon réalisateur de documentaires devrait le faire. L’un de ses premiers documentaires, The Whistle, a remporté le Grand Prix du court-métrage du Festival Sundance en 2013. Zariczny forme un trio solide et efficace avec la directrice de la photographie Weronica Bilska, dont la marque de fabrique est d’être au plus près des acteurs sans jamais imposer la caméra et le monteur Bartosz Pietras, dont le découpage des scènes renforce le sentiment d'étouffement des émotions des personnages.

Simple Things est exactement comme l’indique son titre, une histoire sans prétention sur des choses simples de la vie quotidienne, comme vivre ensemble, élever un enfant, construire une maison, et parler ouvertement et en toute franchise avec sa famille. L’histoire n’a rien de nouveau ni d’original, mais une fois encore, elle n’a pas besoin de ça pour être remarquée ou pour résonner. Après tout, les choses simples sont véritablement les plus importantes.

Simple Things est une production polonaise de Before My Eyes, en association avec New Horizons Association pour la distribution nationale. Les droits de distribution internationaux sont à saisir alors que la promotion internationale est assurée par l'agence cinématographique Connect the Dots.

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(Traduit de l'anglais par Karine Breysse)

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