Cannes se dessine à J-7 dans la boule de cristal
par Fabien Lemercier
- Les coulisses s’agitent et les pronostics battent leur plein dans la dernière ligne droite avant la conférence de presse qui dévoilera la Sélection Officielle le 9 avril

Scénarios, hypothèses, paris, déductions, rumeurs et informations plus ou moins fiables circulant à vitesse éclair dans l’industrie et dans le cercle des afficionados : les contours de la Sélection Officielle du 79e Festival de Cannes (du 12 au 23 mai) s’esquissent à une semaine pile de la conférence de presse parisienne de la Sélection Officielle durant laquelle Thierry Frémaux (accompagné par la présidente Iris Knobloch) dévoilera une bonne partie de ses choix, avant qu’une bonne pincée des compléments n’arrive dans un second temps comme il en a pris désormais l’habitude.
En compétition, au rang des probables se distinguent Fjord du Roumain Cristian Mungiu, Minotaure du Russe Andreï Zviaguintsev, Histoires parallèles de l’Iranien Asghar Farhadi, Amarga Navidad de l’Espagnol Pedro Almodóvar, Soudain du Japonais Ryüsuke Hamaguchi, Sheep in the Box de son compatriote Hirokazu Kore-eda, Her Private Hell du Danois Nicolas Winding Refn et Succederà questa notte de l’Italien Nanni Moretti.
Du côté des possibles en lice pour la Palme d’or 2026 pointent notamment Coward du Belge Lukas Dhont (s’il arrive à boucler à temps sa post-production, ce qui ne serait pas gagné d’avance), El ser querido du très hypé Espagnol Rodrigo Sorogoyen, Out of This World de son compatriote Albert Serra (aux prises avec un titanesque montage), Butterfly Jam de la valeur montante russe Kantemir Balagov, Fatherland du Polonais Pawel Pawlikowski (dont strictement aucune information ne filtre) et Journal d’une femme de chambre du Roumain Radu Jude (boudé jusqu’à présent par Cannes, mais qui mise cette fois sur un film réalisé en France et porté par SBS).
Au rayon des outsiders, on peut mentionner Après du Russe Kirill Serebrennikov, Estela de sombra (Wake of Umbra) du Mexicain Carlos Reygadas, Gentle Monster de l’Autrichienne Marie Kreutzer, Everytime de sa compatriote Sandra Wollner, le premier long Ben'Imana de la Rwandaise Marie-Clementine Dusabejambo, Ton animal maternel de la Costaricaine Valentina Maurel, Les fraises de la Marocaine Laïla Marrakchi, I See Buildings Fall Like Lightning de l’Anglaise Clio Barnard et Four Seasons in Java de l’Indonésienne Kamila Andini.
Du côté des États-Unis, c’est la bouteille à l’encre avec, pour des questions de timing, un nombre extrêmement réduit de candidats très identifiés, mais on misera quand même sur Paper Tiger de James Gray, voire sur Jack of Spades de Joel Coen. Dans ce contexte, la production britannico-américaine Wild Horse Nine de Martin McDonagh pourrait peut-être aussi tirer son épingle du jeu.
Dans les starting-blocks des prétendants français (qui seront départagés comme toujours dans la soirée précédant l’annonce de la Sélection Officielle) sont favoris Histoires de la nuit de Léa Mysius, Un bon petit soldat de Stéphane Brizé et L’inconnue d’Arthur Harari. Sont en embuscade Une autre histoire (Between Now And Then) de Mikhaël Hers, Les Roches rouges de Bruno Dumont, Le joueur (A Gambler) d’Elie Wajeman, voire Milo de Nicole Garcia. L’absence de gros casting créateur d’attraction sur le tapis rouge semble sur le papier destiner 15-18 de Cédric Kahn et de La Chaleur de Stéphane Demoustier à d’autres vitrines.
Dans la catégorie des films dont les noms circulent pour une place ici ou là sur la Croisette figurent également entre autres Teenage Sex and Death at Camp Miasma de l’Américaine Jane Schoenbrun, Hot Spot de la Polonaise Agnieszka Smoczyńska, Orient Adagio de la Palestinienne Maha Haj, El Puma de la Chilienne Marcela Said, El deshielo de sa compatriote Manuella Martelli, Trinity du Singapourien Boo Junfeng, Hombre al agua du Mexicain Gael García Bernal, La grande famille (La gran familia) de son compatriote Matias Meyer Rojas, A Day in the Life of Jo: Chapter Phaedra de la Grecque Jacqueline Lentzou, Dora de la Sud-Coréenne July Jung, le mystérieux L'Aventure rêvée de l’Allemande Valeska Grisebach, Leila et la nuit du Brésilien Fellipe Barbosa, Brace Your Heart de la Suédoise Amanda Kernell, Weird Elliot de son compatriote Johannes Nyholm, ou encore Hearing du Vietnamien Lê Báo.
Au cœur de la très abondante proposition française susceptible d’alimenter Cannes Première, le hors compétition et les séances spéciales figurent notamment les titres français Un peu avant minuit de Nicolas Pariser, Garance de Jeanne Herry, Full Phil de Quentin Dupieux, La bataille De Gaulle : L’âge de fer d’Antonin Baudry, Banquise (Greenland) d’Emmanuel Courcol et Mémoire de fille de Judith Godrèche, alors que J’oublierai ton nom (I Will Forget Your Name) de Yann Gonzalez et Roma Elastica de Bertrand Mandico semblent davantage profilés pour la Quinzaine des Cinéastes.
Les jeunes talents auront évidemment de belles opportunités de s’exposer dans toutes les sélections de la Croisette. Parmi eux, au rayon des seconds longs se distinguent entre autres Notre salut d’Emmanuel Marre, La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet, Les Yeux verts de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, Quelques mots d’amour de Rudi Rosenberg, Shana de Lila Pinell, voire Les derniers jours de R.M. d’Amin Sidi-Boumédiène.
Du côté des premiers longs ont notamment percé le mur des rumeurs If I See A Rainbow de la Chinoise Zhao Hao, A Girl Unknown de sa compatriote Zou Jing, Les Éléphants dans la brume du Népalais Abinash Bikram Shah, Titanic Ocean de la Grecque Konstantina Kotzamani et les titres français La Gradiva de Marine Atlan, Gabin de Maxence Voiseux, Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall, Le Triangle d’or de Hélène Rosselet-Ruiz ou encore Ce qui me mène à toi de Khalil Cherti, mais on évoque aussi un documentaire iranien et des fictions venus des États-Unis, d’Irlande, d’Égypte et du Liban.
Enfin, après les belles réussites des années précédentes ayant mené de Cannes jusqu’aux Oscars, l’animation sera forcément de la partie avec parmi les candidats les plus sérieux Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach et In Waves de Phuong Mai Nguyen.
Selon nos informations, hormis pour la compétition où l’omerta la plus totale est de rigueur, les films invités en Sélection Officielle seraient encore assez peu nombreux. Le rythme commence à s’accélérer et tout va aller in crescendo très rapidement, déclenchant un effet domino sur l’éventail des choix de la Semaine et de la Quinzaine, et les contre-propositions de Venise et Locarno. Pour l’instant, les seules certitudes de cette 79e édition cannoise sont que Park Chan-wook présidera le jury de la compétition officielle (lire la news) et que l’ouverture du festival sera assurée par La Vénus Électrique du Français Pierre Salvadori, mais les possibilités mijotant en cuisine laissent entrevoir un menu de premier ordre à déguster le mois prochain sur la Croisette.
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